Étudiants dans un amphithéâtre
30 octobre 2017

Le Plan Étudiants

L’entrée massive des étudiants dans l’enseignement supérieur engagée dans les années 1980, est un immense progrès : les étudiants sont mieux formés, notre société est mieux éduquée. Néanmoins, ce système est malade et l’ascenseur social est en panne. En ayant focalisé les moyens sur l’accès de TOUS à l’enseignement supérieur, on en a oublié qu’il fallait ensuite faire réussir les étudiants, donner les mêmes chances à chaque étudiant.
 
Or, aujourd’hui : 60% des étudiants échouent à obtenir leur licence en quatre ans ; 90% de bacheliers professionnels et technologiques inscrits dans des licences générales échouent. Les bacheliers professionnels et technologiques sont évincés des filières courtes par les étudiants des filières générales. La précarité étudiante influe fortement sur le taux de réussite et fragilise les étudiants les plus modestes. Il faut réparer notre enseignement supérieur. Le Gouvernement lance un Plan Étudiants qui aborde tous les aspects de la réussite financé par plus d’1 milliard d’euros.
Cette réforme est ambitieuse politiquement et juste socialement. Elle est largement inspirée par la concertation sociale menée par Frédérique Vidal en juillet dernier.
 
  •  Améliorer l’information au lycée : instauration de 2 semaines d’enseignements obligatoires consacrées à l’orientation dans toutes les terminales, désignation d’un second professeur principaldédié, déploiement d’étudiants-ambassadeurs pour renforcer l’information par les pairs.
     
  • Un accès plus juste et transparent dans le supérieur : la sélection par tirage au sort est supprimée. Le Baccalauréat reste le passeport d’entrée dans le supérieur. Tous les bacheliers auront une place dansl’enseignement supérieur. Comme ils n’ont pas tous les mêmes chances d’y réussir, des parcours surmesure seront créés entre le lycée et le supérieur.
     
  • Une nouvelle plateforme de voeux, dont le nom sera décidé via un sondage participatif, sera simple, juste et transparente. Elle rassemblera toutes les informations dont les bacheliers ont besoin : la composition de la formation, son taux d’insertion professionnelle, les taux de réussite des anciens étudiants. Les attendus seront affichés ; ils respecteront un cadrage national, mais les établissements pourront les décliner en fonction de leurs spécificités. Un attendu, c’est un dossier complet dans lequel les bacheliers montrent leur parcours, leur motivation, leur engagement, leur personnalité. C’est un système humain, juste et socialement équitable : des places seront réservées pour les boursiers.
     
  • L’ouverture de places supplémentaires dans les filières sous tension (STAPS, psycho, droit), les BTS… dès la rentrée 2018.
     
  • Ce n’est pas la réforme de la sélection. Les établissements ont l’obligation d’accepter tous les candidats. Pour les lycéens qui n’auraient pas les attendus qui correspondent à la formation qu’il a choisie, l’établissement a la possibilité de lui imposer un parcours personnalisé. Ce n’est pas une prépa : l’étudiant est bien inscrit dans la filière ; simplement, son programme est aménagé.
    Si malgré cette obligation et l’ouverture de places supplémentaires, pour des raisons de capacité d’accueil, l’université ne peut admettre tous les candidats, priorité sera donnée à ceux dont le parcours, la motivation et le projet sont le plus cohérents avec la formation choisie. Une commission rectorale sera chargée d’accompagner les éventuels bacheliers qui n’auraient pas eu la formation de leur choix, pour leur garantir une place dans une formation la plus proche de son choix initial.
     
  • Un parcours sur-mesure : Tous les étudiants pourront bénéficier d’une année de césure, dès le bac, pour poursuivre un projet personnel, entrepreneurial ou professionnel. La licence sera modulable à la carte : parcours interdisciplinaires, cours supplémentaires, parcours accélérés ou aménagés selon les spécificités de chacun.
     
  • De meilleures conditions de vie pour les étudiants : 100 millions d’euros de pouvoir d’achat seront rendus aux étudiants dès 2018. La cotisation de sécurité sociale étudiante de 217 euros sera supprimée, et un investissement massif sera fait pour l’offre de soins sur les campus. Les bourses seront distribuées à date fixe chaque mois. Une aide financière sera apportée aux étudiants issus de la classe moyenne qui n’ont pas les moyens de se loger. 60 000 logements étudiants construits d’ici à 5 ans.