Photo du président de la République avec Jean-Yves Le Drian à l'Elysée le 18 novembre 2015.
20 novembre 2015

La communauté internationale se mobilise suite aux attentats de Paris

La mobilisation internationale s'est rapidement mise en place. Le président de la République se rendra le 24 novembre à Washington pour un entretien avec Barack Obama, le 26 novembre à Moscou pour un entretien avec Vladimir Poutine. Les États membres de l’UE ont exprimé un soutien unanime à la demande de solidarité en cas d’agression formulée par la France : une décision sans précédent qui marque une date dans l’histoire de l’Europe de la défense. La France a aussi demandé et obtenu du conseil Justice et Affaires intérieures que le PNR européen soit adopté avant la fin de l’année.
 

LA MOBILISATION INTERNATIONALE SE MET EN PLACE

Le président de la République se rendra le 24 novembre à Washington pour un entretien avec Barack Obama.
Il s’était entretenu dès le 17 novembre à Paris avec le secrétaire d'État John Kerry, de même que Laurent Fabius.
Le 20 novembre, François Hollande et Barack Obama ont évoqué par téléphone la coopération militaire en Syrie et examiné ensemble les conditions d'un progrès des négociations pour une solution rapide de la situation.

François Hollande se rendra le 26 novembre à Moscou pour un entretien avec Vladimir Poutine. La Russie a procédé à ses premières frappes contre Daech à Raqqa. Un travail est engagé pour permettre une coordination plus étroite.
François Hollande s'est aussi entretenu avec son homologue iranien Hassan Rohani pour marquer l'importance des négociations en cours sur le conflit syrien et de la lutte contre Daech.

"Nous ne pouvons pas lutter seul contre Daech, il nous faut entraîner une coalition", a répété Manuel Valls le 18 novembre.
Le président de la République a rappelé sa volonté de voir adoptée le plus rapidement possible une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU pour renforcer les moyens de la lutte contre le terrorisme et contre Daesh, et Ban Ki-moon l'a assuré de son soutien.

Il a reçu le 17 novembre le Premier ministre et ministre de l’intérieur du Qatar. Il lui a fait part de notre détermination à lutter contre le terrorisme djihadiste sur tous les plans - militaire, politique, policier et financier - et lui a présenté les mesures qui ont été décidées à la suite des attentats de vendredi. Cheikh Abdallah bin Nasser bin Khalifa Al-Thani l'a assuré du plein soutien du Qatar et de sa détermination à renforcer encore notre intense coopération bilatérale dans le domaine de la sécurité.
Pour rappel, s’agissant de la lutte contre le financement du terrorisme, les membres du G20 se sont engagés à une coopération renforcée sur l'échange d'informations et le gel d'avoirs terroristes. Le G20 a par ailleurs chargé le Groupe d'action financière de lui faire un rapport début 2016 sur les progrès de l'assèchement des financements du terrorisme et d’identifier des mesures pour intensifier la lutte contre le financement du terrorisme.

LA SOLIDARITé EUROPéENNE PREND FORME

Les États membres de l’UE ont exprimé le 17 novembre un soutien unanime à la demande de solidarité en cas d’agression  formulée par la France, au titre de l'article 42.7 des traités européens. Ce soutien a été exprimé lors d’une réunion des ministres de la Défense des 28 à Bruxelles :
  • Ce "soutien unanime est un acte politique de grande ampleur", a souligné Jean-Yves Le Drian ;
  • Il "va nous permettre maintenant dans les heures qui viennent d'avoir les bilatérales nécessaires" avec chacun des États membres de l'UE, pour établir précisément l'aide que chacun est prêt à apporter concrètement aux Français ;
  • La France ne demande pas une assistance militaire d'autres pays sur son territoire ;
  • La France veut et va pouvoir compter sur davantage d'aide contre Daech en Syrie et en Irak, et partager l’engagement militaire sur d'autres théâtres d'intervention. "Dans les jours qui viennent, chacun des pays membres va proposer un type de soutien à la France, que ce soit dans les opérations au Levant, [ou] dans d’autres opérations pour alléger la tâche de nos forces armées […] au Mali, en République centrafricaine voire au Liban". Les contributions d'autres États peuvent prendre la forme d'avions de transport, de ravitaillement, d'armements. La France "ne peut pas être seule partout à la fois".
Cette décision "marque une date dans l’histoire de l’Europe de la défense". C'est la première fois que l’article 42.7 du traité de l’Union relatif à la défense mutuelle (Traité de Lisbonne) est invoqué et qu'il est appliqué. 

La Commission européenne a assuré comprendre la priorité donnée par la France à sa sécurité. Les engagements budgétaires européens de la France "seront forcément dépassés, nous devons l'assumer", a indiqué le Premier ministre Manuel Valls . Pour rappel, le président de la République a annoncé la création prochaine de 8 500 postes en 2 ans dans les forces de l'ordre et la justice, et l’annulation de 9 200 suppressions de postes de militaires prévues entre 2017 et 2019, ainsi que le renforcement des moyens concrets des forces de l'ordre (véhicules, armes, …).

Conseil européen Justice et Affaires intérieures exceptionnel

Un Conseil européen des ministres de la Justice et de l’Intérieur s'est tenu ce vendredi 20 novembre à l’initiative de la France "afin de tout mettre en œuvre au niveau européen pour vaincre le terrorisme", a expliqué Bernard Cazeneuve
"Sur les trois points que la France a souhaité porter à l’ordre du jour de notre réunion, l’Europe s’est accordée. Notre pays a été entendu. Nous avons donc pris aujourd’hui des décisions fortes et opérationnelles, avec des résultats attendus avant la fin de l’année sur les trois sujets majeurs suivants : le PNR européen, les armes à feu et le renforcement des contrôles aux frontières extérieures."
"Nous avons demandé et obtenu que le PNR européen soit adopté avant la fin de l’année, et qu’il soit un outil opérationnel et efficace permettant de tracer les déplacements des personnes qui cherchent à nous attaquer. Les vols intra- européens devront être obligatoirement inclus et la durée de conservation des données avant leur masquage suffisamment longue, c’est-à-dire un an."La Commission européenne a annoncé qu'elle proposerait "d'ici la fin de l'année" une révision des règles de Schengen dans le même but.
"La Commission européenne présentera d’ici la fin de l’année une proposition de réforme du Code Frontière Schengen, afin de permettre les contrôles systématiques et obligatoires, à toutes les frontières extérieures et sur toutes les personnes entrant dans l’espace Schengen, y compris les bénéficiaires de la libre-circulation."