13 septembre 2017

Irma : les priorités de l’État pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy

À son arrivée le 12 septembre en Guadeloupe, Emmanuel Macron a tenu un point presse au cours duquel il a rappelé les priorités de l’État pour les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy touchées par l’ouragan. Accompagné notamment des ministres de la Santé et de l’Éducation nationale, il s’est ensuite rendu sur les deux îles. À l'issue de son déplacement, il a annoncé qu'il se rendra de nouveau à Saint-Martin dans les semaines à venir.
 
[Mise à jour le le 13 septembre]

Le Président de la République a rappelé la solidarité de toute la nation face à cette catastrophe qui a touché les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, ainsi que la mobilisation totale et continue du Gouvernement : "Ce qui s’est passé (…), c’est une catastrophe naturelle dont nous ne retrouvons les précédents qu’en 1931 dans la région, c’est-à-dire quelque chose d’inédit (…). Face à cela, le Gouvernement (…) a répondu dès que l’information a été donnée donc plusieurs jours avant et constamment tout au long de cette crise. Ce que nous avons mis en place depuis le début de la crise, c’est l’un des plus grands ponts aériens depuis la seconde guerre mondiale."
 
Le Gouvernement et les services de l’État ont pleinement anticipé la mise en œuvre de moyens d’intervention malgré le caractère inédit et incertain de cette catastrophe climatique : "Je rappelle que nous nous trouvons sur une île qui est à 250 km de la Guadeloupe et a plusieurs milliers de kilomètres  de l’Hexagone, donc compte tenu des contraintes et des incertitudes météorologiques et géographiques, il n’était pas possible d’avoir une anticipation supérieure à celle-là, et cela compte tenu même du caractère inédit de cet évènement."
 
Désormais la priorité absolue du Gouvernement est de tout mettre en œuvre pour un retour rapide à la vie normale : "D’abord, un message de retour à la vie normale, c’est notre priorité absolue : (…) avec un retour à l’ordre public partout où nous avons connu des débordements inacceptables (…), ensuite c’est évidemment l’accès à l’eau (…), le déblayement [sur lequel] l’ensemble des services de l’État sont mobilisés [pour] l’accélérer et le coordonner (…), et un travail également pour que le téléphone et l’électricité soient restaurés".

La problématique de l'eau et de l'électricité nécessaires au fonctionnement des usines de désalinisation a été anticipée : 
  • Dès le lendemain du passage d'Irma, avec les experts de Véolia, qui est chargée de la production et de la distribution sur les deux îles, les services de l'État ont travaillé à la fois sur la capacité de production d'eau potable localement et à la distribution d'eau ;
  •  En anticipation, des stocks de bouteilles d'eau ont été acheminés aux Antilles pour rejoindre les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy au plus vite ; 
  •  Parallèlement, Véolia a identifié une unité mobile disponible à Madrid le 7 septembre, unité qui a été immédiatement réservée. Le conditionnement de cette usine mobile nécessite un gros porteur qui a été fortement sollicité et le transport interviendra le 15 septembre. Les techniciens de Véolia sur place sont prêts à la mettre en marche dès son déchargement ;
  • Les techniciens d'EDF mettent tout en œuvre pour relancer la production d'électricité, ce qui permettra de reprendre une partie de la production d'eau potable ;
  • Les militaires de la sécurité civile remettent également en marche les unités de production et de désalinisation présentes dans les hôtels (200m3 d'eau / jour pour l'Hôtel RIU) ;
  • L'acheminement et la distribution de bouteilles d'eau potable se poursuivent et couvrent le besoin quotidien en eau potable des populations locales (capacité de distribution de 150000 bouteilles / jour).
Pour faire face aux risques d’épidémies, le Gouvernement met tout en œuvre pour communiquer auprès de la population locale la nécessité de s’approvisionner en eau.
 
Ce retour à la vie normale passe également par la restauration des infrastructures de santé avec la création prochaine d’un dispensaire, ainsi que la réouverture rapide des écoles : "Dès la semaine prochaine nous souhaitons rouvrir, même pour quelques heures, des écoles. Aujourd’hui, arriveront des tentes gonflables qui permettent d’enseigner, nous allons organiser progressivement ce retour à la normale pour que d’ici à la Toussaint, ce soit un cycle normal qui puisse être repris pour les élèves de l’île". 

Après avoir organisé l’évacuation des plus fragiles, le Gouvernement coordonne, en collaboration étroite avec la collectivité de Saint-Martin, les départs de tous ceux et celles qui souhaitent quitter le territoire : "Air France pleinement mobilisé, va mettre un vol supplémentaire à coût réduit aujourd’hui pour organiser ces départs (…), et c’est avec beaucoup d’humanité que je veux que, à la fois les services de l’État et de la collectivité territoriale, puissent organiser ces mouvements".  
 
Enfin, pour que cette vie normale reprenne, le Gouvernement s’est assuré de la mise en place de procédures simplifiées et accélérées afin que les dossiers des sinistrés soient traités en priorité par les assurances : "Je souhaite que tous les sinistrés puissent avoir une réponse rapide et pragmatique et c’est une mobilisation de la nation, publique et privée, qui est ici mise en œuvre". Et de préciser, lors d'un Facebook live, le 13 septembre :  "Il y a des personnes qui sont au chômage technique, et là, on va mettre en place (un mécanisme) pour que, dès lundi prochain au maximum, on puisse avoir le paiement".
 
La volonté du Gouvernement est aussi et d’ores et déjà de reconstruire un avenir nouveau pour les îles. Philippe Gustin a été nommé délégué interministériel afin d’assurer la coordination de la reconstruction de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy : "Il aura tout mon soutien, et je bousculerai toutes les normes et toutes les procédures pour que le travail qui est le sien se fasse dans les meilleurs délais et réponde aux exigences légitimes de la population. Nous ferons vite, nous ferons bien et nous ferons mieux", a souligné Emmanuel Macron.
 
Une attention particulière sera portée sur la construction des bâtiments pour que "le Saint Martin qui renaîtra de cet ouragan [ait] des constructions durables qui répondent aux exigences sismiques et environnementales car ce qu’il se passe aujourd’hui à Saint-Martin, c’est bien le résultat de constructions qu’on a laissé se faire dans des conditions qu’on n’aurait pas acceptées dans d’autres territoires de la République. Et je veux que cette reconstruction soit exemplaire et durable".