Photo du président François Hollande à l'Elysée en juillet 2015
21 juillet 2015

Gouvernance de l'Union Européenne

Le président de la République propose de créer un gouvernement économique de la zone euro.
 
Dans le contexte de l’accord sur la Grèce trouvé lors du Sommet de la zone euro du 12 juillet, le Président de la République souhaite donner une nouvelle impulsion à l’approfondissement de l’union économique et monétaire. La France, avec le Président de la République, doit être à l’initiative : 1. en proposant la création d’un gouvernement économique de la zone euro ; 2. en la dotant d’un budget et d’un parlement pour en assurer le contrôle démocratique.

A l’occasion d’un hommage à Jacques Delors, le Président de la République a relancé dimanche 19 juillet l’idée de la création d’un gouvernement européen doté d’un budget et d’un parlement spécifiques. "L'Union ne peut se réduire à des règles, des mécanismes ou des disciplines ; elle ne peut avancer que si elle porte l'idée d'un dépassement" :
  • "Elle doit convaincre les peuples que, si elle a été capable de préserver la paix, elle est aujourd'hui la meilleure invention pour protéger les valeurs et les principes qui fondent notre culture commune, ce que l'on appelle notre mode de vie et qui est aussi notre modèle social."
  • "L'Europe doit définir un nouvel horizon susceptible de faire naître un espoir, car […] l'idée européenne s'épuise quand elle ne se traduit plus en actes."
  • "Aucune nation ne peut concevoir d'abandonner une part de sa souveraineté si elle n'a pas la certitude qu'elle sortira plus forte de ce processus."
 
L’Europe doit être celle des citoyens :
  •         "Les Parlements restent trop loin des décisions."
  •         "Les peuples se détournent à force d'être contournés."
  •          "Les populistes se sont emparés de ce désenchantement et s'en prennent à l'Europe parce qu'ils ont peur du monde, parce qu'ils veulent revenir aux divisions, aux murs, aux grillages. Or c'est le droit qui protège, et la fédération des États-nations qui donne du poids, pas le désordre et le repli sur soi."
 
L’Europe doit être "une puissance au service de l’équilibre du monde" : "C'est l'Europe qui est attendue pour porter les technologies de demain, promouvoir un modèle industriel, réussir la transition énergétique et écologique, investir dans la connaissance, réduire les disparités territoriales, assurer la solidarité à l'intérieur par des investissements et à l'extérieur par des actions de développement."
 
Les circonstances nous conduisent à accélérer.
 
La zone euro a su réaffirmer sa cohésion avec la Grèce. "Nous sommes en train de sortir progressivement, même si c'est difficile, de la crise grecque mais il faut en tirer les leçons et aller beaucoup plus loin", a de son côté ajouté Manuel Valls.
La qualité de la relation franco-allemande y a été pour beaucoup. L’esprit européen  a prévalu. "L'Allemagne sait parfaitement qu'il faut prendre des initiatives mais cela doit se faire dans un dialogue constructif, dans le respect de chacun, dans un dialogue franco-allemand qui n'est pas exclusif des dialogues avec les autres pays", a aussi dit le Premier ministre. 

"Ce qui nous menace, ce n'est pas l'excès d'Europe mais son insuffisance," explique encore François Hollande.  Et la France se grandit toujours quand elle est à l’initiative de l’Europe. C'est pourquoi le président de la République dans sa tribune a "proposé de reprendre l'idée de Jacques Delors du gouvernement de la zone euro et d'y ajouter un budget spécifique ainsi qu'un Parlement pour en assurer le contrôle démocratique." La monnaie commune appelle à "une organisation renforcée et avec les pays qui le décideront, une avant-garde" dans laquelle "la France, l'Allemagne, l'Italie, les pays fondateurs [s’engageraient] pleinement", a précisé Manuel Valls.