Manuel Valls à Calais le 31 août 2015
31 août 2015

Financements européens pour un campement humanitaire à Calais

Jusqu’à 5 millions d’euros supplémentaires seront mobilisés par la Commission européenne pour financer un campement humanitaire à Calais.
 
La crise migratoire que connaît l’Europe va durer. Y répondre est un défi majeur. Pour trouver des réponses durables, il faut agir avec méthode, en s’appuyant sur des valeurs : humanité, responsabilité, fermeté. Aussi, l’État agit, et l’Europe agit. C’est le sens du message porté par le Premier ministre, le 31 août, à Calais. Jusqu’à 5 millions d'euros supplémentaires seront mobilisés par la Commission européenne pour financer un campement humanitaire, qui permettra de porter assistance à environ 1 500 migrants, et transporter des demandeurs d'asile de Calais vers d'autres destinations en France.

Depuis le début de la crise, environ 50 millions d'euros ont été apportés à la France. C’est ensemble qu’il faut agir, avec nos partenaires directs, en Europe, au Nord comme au Sud. Une stratégie globale se met en oeuvre.

Il convient de "répondre à ce défi majeur, colossal, des grandes migrations". La crise des migrants à laquelle l’Europe doit faire face "va durer". "Il faut agir […] avec méthode" pour l’enrayer, "trouver des réponses durables, fondées sur des valeurs : humanité, responsabilité, fermeté", a déclaré le Premier ministre lors de son déplacement à Calais, le 31 août 2015 :
 
  • "Humanité parce que les migrants doivent être traités dignement. Abrités, soignés" ;
  • "Responsabilité parce que nous sommes viscéralement attachés au droit d’asile. Ceux qui fuient la guerre, les persécutions, la torture, les oppressions, doivent être accueillis. Et donc, chaque demande d’asile doit être examinée. Rapidement" ;
  • "Fermeté. Il y a les migrants, éligibles au droit d’asile. Il y a aussi une immigration économique, irrégulière. Face à cela, il faut des règles strictes, la plus grande intransigeance pour lutter – et je pense à Calais, et la coopération franco-britannique – contre les passeurs, les trafiquants d’espoir qui se repaissent de la misère humaine".

Aussi, "[l’État est] là, et l’Europe est là" :
 
  • Un campement humanitaire "pouvant offrir une assistance humanitaire pour environ 1 500 migrants" sera construit "début 2016", avec un soutien de la Commission européenne qui ira "jusqu'à 5 millions d'euros supplémentaires". Constitué de 120 grandes tentes pour 12 personnes, ce campement sera "complémentaire" du centre Jules-Ferry existant. L'État "complétera le financement".
  • Ces nouveaux fonds européens concerneront également "le transport des demandeurs d'asile de Calais vers d'autres destinations en France" ;
  • La France aura bénéficié de près de 50 millions d'euros d'aides depuis le début de la crise migratoire avec ces nouveaux fonds : 35 millions d'euros d'aides des Britanniques et 7 millions d'euros de l'Union européenne avaient déjà été annoncés. Les fonds britanniques contribuent notamment à "sécuriser le port de Calais et le site Eurotunnel, ainsi qu’à garantir un accueil humanitaire digne des personnes vulnérables". Les institutions européennes ont pour leur part financé aux 2/3 le centre Jules Ferry ;
  • "Une stratégie globale se met en oeuvre. Nous avons d’ailleurs demandé et obtenu avec l’Allemagne et le Royaume-Uni qu’une réunion extraordinaire des ministres de l’Intérieur des 28 États membres se tienne le 14 septembre prochain. Il faut agir avec nos partenaires directs, c’est vrai pour la Grande-Bretagne, au Nord, c’est vrai avec l’Italie, pour ce qui concerne la France, au Sud."
Pour rappel, depuis de nombreux mois le gouvernement agit, et "l’État n’abandonne pas les calaisiens qui subissent cette crise depuis des années" :
  • "Nous avons adopté un plan qui permet notamment de renforcer nos dispositifs d’accueil, il prévoit de créer 11 000 places d’hébergement supplémentaires.
  • "Nous mobilisons à cet effet 36 millions d’euros pour le second semestre 2015, et nous poursuivrons cet effort en 2016 pour un total de 112 millions d’euros" ;
  • "Nous avons mis en place un dispositif exceptionnel, qui a permis de recueillir 1 600 demandes d’asile depuis le début de l’année, contre 400 en 2013"
  • "Nous avons démantelé […] 177 filières dont 19 directement dans le Calaisis, et beaucoup sur l’axe amont. Au total, cela représente 800 trafiquants et passeurs, c’est autant en sept mois que pour l’ensemble de l’année 2014" ;
  • "Nous avons […] alloué de nouveaux moyens au dispositif de prise en charge humanitaire, pour les aider à faire face à l’ampleur des demandes, en tout, sur deux ans, à Calais, ces structures auront bénéficié de 20 millions d’euros, et nous continuerons à les accompagner à hauteur de leurs besoins " ;
  • "Nous avons [...] créé un accueil de jour professionnalisé […] qui accompagne les migrants dans leurs démarches, qui propose aussi des soins infirmiers, des hébergements » ;
  • "1 300 policiers et gendarmes sont déployés pour préserver l’ordre public, protéger les Calaisiens, et assurer nos missions de contrôle des frontières extérieures de l’espace Schengen".
Calais est désormais situé sur l’un des "principaux axes d’immigration irrégulière de notre continent ". "Le nombre de migrants installés dans l’attente d’un hypothétique passage de la Manche a augmenté en moins d’1 an de 400 à 3 500 personnes".