Photo de François Hollande et Angela Merkel au Parlement européen le 7 octobre 2015
8 octobre 2015

Europe : "Nous devons faire le choix de la marche en avant plutôt que du retour en arrière"

Le président de la République française et la Chancelière de la République Fédérale allemande se sont exprimés ensemble devant le Parlement européen pour la 1ère fois depuis 26 ans.
 
François Hollande et Angela Merkel, se sont exprimés ensemble, mercredi 8 octobre, devant le Parlement européen pour la 1ère fois depuis 26 ans et l’intervention de François Mitterrand avec Helmut Kohl. L’Europe fait face à de nombreuses crises et défis. Le Chef de l’Etat et la Chancelière allemande ont décidé d’y apporter des réponses communes, dans le cadre de principes européens clairs : solidarité, responsabilité et fermeté. L’Europe doit affronter les tentations du repli national. Elle est aujourd’hui à un tournant de son Histoire : elle devra choisir entre souverainisme et souveraineté, entre renoncement et renforcement, entre son affirmation et sa fin. La France a choisi d’aller de l’avant : elle défend une zone euro consolidée, un espace Schengen renforcé, un régime d’asile commun, un grand marché du carbone.

Ces derniers mois, "l’Allemagne et la France ont voulu réagir ensemble face aux épreuves avec des principes simples : la solidarité, la responsabilité et la fermeté", a déclaré François Hollande :
 
  • Solidarité pour répondre à la crise migratoire :
Répartir 160 000 demandeurs d’asile entre les Etats membres, a été fait "non sans difficultés". Un plan d’ensemble a été mis sur pied pour soutenir l’Italie et la Grèce qui "ne peuvent pas être laissés seuls". "Une coopération plus étroite avec la Turquie" s’engage dans le cadre de l’aide que l’Europe doit apporter  aux pays qui accueillent nombre de migrants. "La coopération avec l’Afrique est essentielle", ce sera l’objet du Sommet de La Valette : "c’est en agissant aux racines des difficultés que les candidats au départ [resteront] dans leur région". 
 
  • Responsabilité dans les négociations avec la Grèce et la lutte contre le terrorisme  :
Sur la Grèce, les "discussions auraient pu échouer [...] mais ça aurait été une première brèche dans l’intégrité de la zone euro [et] une démission devant nos responsabilités européennes". Cela "doit se traduire maintenant par une discussion sur le service de la dette".
Face au terrorisme qui concerne toute l’Europe, celle-ci doit prendre sa part, notamment dans le dossier "trop longtemps retardé du PNR européen". "Le Parlement doit aussi vite que possible adopter ce texte indispensable." 
 
  • Fermeté sur l'Ukraine et la Syrie
"L’Europe a un devoir de fermeté" : "En Ukraine, nous avons dû répondre à une violation brutale du droit international et prévenir une guerre aux portes de notre continent. L’Allemagne et la France se sont particulièrement engagés pour faire respecter les accords de Minsk". De surcroît, d’autres processus de séparation ont été évités.
Vis-à-vis du drame syrien : "ne pensons pas que l’Europe sera à l’abri, ce sera une guerre totale, une guerre qui pourra concerner aussi nos propres territoires [...] nous devons agir. La France a pris ses responsabilités militaires face à la menace. L’Europe toute entière doit s’engager sur les plans humanitaires, politiques, diplomatiques afin de donner à la population syrienne une autre alternative que Bachar Al-Assad", car il ne "sera pas possible de réunir l’opposition […] modérée démocratique, avec le bourreau du peuple syrien."


"Il y a une tentation de repli national chaque fois qu’il y a une épreuve." Ces interrogations "justifient une Europe offensive capable d’assurer la protection due à ses citoyens et de tenir son rang conformément à ses intérêts et à ses valeurs . Il n’y a pas d’autres solutions pour garantir une Europe forte pour garantir notre propre souveraineté. Le souverainisme c’est la guerre, c’est aussi le déclinisme. Si nous n’allons pas plus loin non seulement nous nous arrêterons, mais nous reculerons."
 
"Nous devons faire le choix de la marche en avant plutôt que du retour en arrière" ;
  • "La zone euro [doit] être consolidée et renforcée"  au sein de l’Union économique et monétaire "pour coordonner nos politiques, pour favoriser la convergence, pour acter l’harmonisation fiscale, pour lutter contre le dumping fiscal et social". "Des choix institutionnels seront nécessaires pour que la zone euro soit gouvernée [selon] une intégration différenciée" ;
  • L’espace Schengen doit être renforcé. "Remettre en cause la libre-circulation des personnes par le retour aux frontières intérieurs serait une erreur tragique, mais prétendre que [son fonctionnement actuel] permettra d’affronter les pressions à son périmètre serait une autre erreur. Le contrôle effectif des frontières extérieures de l’Union passe par une assistance renforcée aux Etats concernés ; et par la mise en place d’un corps de gardes-frontières européen" ;
  • La politique d’asile "doit être plus cohérente", et devenir "un véritable régime commun d’asile" ;
  • L’Europe doit être au rendez-vous de la COP21 et "être capable d’instituer un grand marché du carbone pour orienter les investissements vers les meilleures technologies".
  • S’agissant de l’agriculture, dans un contexte de crise qui concerne un certain nombre de nos productions, "des soutiens indispensables doivent être dégagés pour protéger nos produits et venir en aide aux plus vulnérables".  
  • S’agissant des négociations sur le TAFTA : "la France veut que ces négociations puissent être un progrès, qu’il puisse y avoir des garanties qui y soient apportées, aussi bien pour l’identification des produits, pour les appellations d’origine, pour la réciprocité, pour la transparence [et] pour les mécanismes de protection des investissements, notamment pour le règlement des différends".