Marisol Touraine
4 février 2016

Épidémie Zika : point sur la situation

La France est concernée par l'épidémie Zika, la Martinique et la Guyane viennent d’entrer en phase épidémique. En recevant les élus des Antilles, Marisol Touraine a confirmé, le 3 février, l'alerte sanitaire et la mobilisation de notre système de santé.
 
Lors de sa rencontre avec les élus antillais, Marisol Touraine a évoqué les enjeux liés à l’épidémie du Zika. A cette occasion, la ministre de la Santé a insisté sur deux points :
  • répondre à toutes les préoccupations des personnes résidant dans les Antilles, en particulier les femmes enceintes ;
  • renforcer avec les collectivités locales la lutte antivectorielle pour éradiquer les foyers de moustiques qui sont porteurs de la maladie. 
L’OMS a déclaré une "urgence de santé publique de portée internationale" afin notamment de mobiliser les moyens de la recherche face à cette épidémie. Notre système de santé et d’alerte sanitaire est pleinement mobilisé. Sur place, les moyens humains et matériels ont été renforcés. Suite à une alerte venant des États-Unis, le Haut conseil de la santé publique se prononcera dans les prochains jours sur l’éventualité de recommander l’emploi du préservatif pour les femmes enceintes ou en âge de procréer en zone d’endémie ou dont le compagnon est suspect d’être infecté.
 
La Martinique et la Guyane viennent d’entrer en phase épidémique avec respectivement 2287 et 245 cas évocateurs, dont une centaine ont été confirmés. 10 cas autochtones ont également été confirmés en Guadeloupe, et 1 à Saint Martin. En Métropole, 9 cas importés de Zika ont été pris en charge. Au total depuis le début de l’épidémie dans les départements français d’Amérique, 20 femmes enceintes ont été détectées positives au virus Zika. Ces femmes font l’objet  d’un suivi renforcé, aucune malformation n’a été détectée à ce jour. 2 cas de syndrome de Guillain Barré ont par ailleurs été pris en charge, l’un d’entre eux est toujours en réanimation au CHU de Fort-de-France. 

Notre système de santé et d’alerte sanitaire est pleinement mobilisé. Trois objectifs sont poursuivis : prévenir, renforcer le suivi et anticiper

1. Prévenir, d’abord
  • Un avis du conseil national professionnel de la gynécologie obstétrique recommande l’emploi du préservatif pour les femmes enceintes ou en âge de procréer en zone d’endémie, ou dont le compagnon est suspect d’être infecté.
  • La ministre a saisi le Haut conseil de la santé publique pour qu’il confirme dans les prochains jours ces recommandations pour la France. Le CSA a été saisi pour diffuser dans les médias locaux des spots radiophoniques puis télévisés.
  • Il est recommandé aux femmes enceintes qui peuvent différer leur voyage de ne pas se rendre dans les zones infectées.
2. Renforcer le suivi
  • Les professionnels de santé sont informés depuis le début de l’épidémie de la nécessité de renforcer le suivi des femmes enceintes ou souhaitant avoir un enfant. Tous les examens nécessaires sont pris en charge par l’assurance maladie.
  • L’agence de la biomédecine (ABM) vient d’adresser aux établissements de santé des départements concernés la recommandation de différer les dons de gamètes et les assistances médicales à la procréation (AMP), ainsi que pour les personnes qui reviendraient en métropole après un séjour dans l’un des territoires concernés. 
3. Anticiper
  • L’Établissement de Préparation et de Réponses aux Urgences Sanitaires a pré-mobilisé des renforts en professionnels de santé, dans le cas où la situation le nécessiterait localement. 50 réservistes, dont des réanimateurs, sont prêts à partir si nécessaire. L’objectif est de constituer des équipes médicales (4 à 5 médecins réanimateurs et 6 à 8 infirmiers) susceptibles de prendre en charge une unité de 4 lits de réanimation.
  • Parallèlement à la mission d’évaluation de l’EPRUS, le matériel de prise en charge en réanimation des syndromes neurologiques graves dans les hôpitaux concernés a été renforcé. Dès le début de semaine prochaine, 6 respirateurs supplémentaires seront donc livrés au CHU de la Martinique et 2 respirateurs supplémentaires au CH de Cayenne en Guyane.
Marisol Touraine se rendra avant la fin du mois dans les départements français d’Amérique pour faire le point sur la situation.