Photo de Bernard Cazeneuve
26 février 2015

Dialogue avec l'Islam de France

Le Gouvernement entend consolider l’expression en France d’un Islam fidèle aux valeurs de la République, tout en s’inscrivant dans le respect scrupuleux du principe de laïcité.
 
Le Gouvernement a présenté le 25 février des mesures destinées à permettre "de dialoguer avec tous ceux qui peuvent jouer un rôle pour consolider l’expression en France d’un Islam fidèle aux valeurs de la République." Cette initiative s’inscrit dans le respect scrupuleux du principe de laïcité, c’est-à-dire la reconnaissance de la possibilité de croire ou de ne pas croire et de pouvoir choisir sa religion par l’exercice du libre-arbitre et de la libre-conscience, dans le respect rigoureux des valeurs de la République. 
 
  • Le Gouvernement est ainsi engagé dans une large consultation des acteurs de l’Islam de France : dans chaque département, les préfets sont appelés à ouvrir le dialogue avec les représentants locaux du culte musulman, pour faire remonter les sujets de préoccupations. Sur cette base, une invitation à se réunir dans le cadre d’une instance de dialogue sera adressée d’ici l’été aux représentants de l’islam de France ; cette instance se réunira 2 fois par an, autour du Premier ministre, pour discuter de questions très concrètes qui sont autant de sujets de préoccupation pour les Français musulmans. Les sujets abordés pourront être : la sécurité des lieux de culte, la prévention et la répression des actes antimusulmans, la formation civile des imams, l’organisation des aumôneries ou la valorisation des œuvres sociales, culturelles et éducatives de l’islam. Il s’agit de bâtir l’instance la plus représentative possible. Nous voulons une démarche inclusive, une dynamique partagée.
     
  • L’ouverture de formations délivrant des diplômes universitaires de formation civile et civique, dans des établissements d’enseignement supérieur, sera encouragée. Ces diplômes devront notamment devenir une étape incontournable dans le parcours des aumôniers pénitentiaires, hospitaliers et militaires. Le nombre de formation sera porté de 6 à une douzaine. Il faut avoir "le souci de l’excellence de la formation des imams, au moment où l’on constate à quel point l’ignorance est la porte vers l’obscurantisme et vers la barbarie". Le Gouvernement veillera à ce que l’enseignement privé confessionnel musulman puisse se développer dans le respect des principes républicains. Des instructions seront adressées aux préfets et aux recteurs en ce sens.
     
  • Une nouvelle Fondation devra être créée avant la fin 2015 afin de financer des projets d’intérêt général, "en se plaçant à la frontière du cultuel et du culturel".
     
  • Pour rappel, la sécurité des mosquées et des sites musulmans constitue également une priorité pour le Gouvernement. En effet, le nombre d’actes antimusulmans depuis le 7 janvier a déjà atteint le niveau observé au cours de l’ensemble de l’année 2014. 1000 sites sont aujourd’hui placés sous la protection de militaires ou d’agents des forces de police ou de gendarmerie. Des moyens sont prévus dès 2015 pour contribuer au financement des équipements de sécurité. La prévention et la répression des actes antimusulmans constituera un axe majeur de la politique de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Grande cause nationale cette année.
Il n’existe qu’une communauté, c’est la communauté nationale. "Je parle d’ailleurs des Français musulmans, et non des musulmans de France. Certains instrumentalisent le concept de laïcité et le dévoient pour en faire un concept pernicieux d’exclusion, une arme de discrimination envers les musulmans", a expliqué Bernard Cazeneuve.