27 août 2016

Crise laitière : le Gouvernement appelle à la reprise des négociations

Suite à l’échec de la médiation entre Lactalis et les producteurs sur le prix du lait, Stéphane Le Foll appelle à la reprise au plus vite des négociations. Le prix payé aux producteurs par Lactalis, leader mondial, ne peut demeurer le plus faible du marché.
 
Depuis lundi 22 août 2016, les éleveurs laitiers ont entamé des manifestations pendant plusieurs jours devant le siège du groupe Lactalis à Laval pour protester contre le faible prix d’achat de leur lait.

Suite à l’échec de la médiation entre Lactalis et les producteurs sur le prix du lait, le 25 août, Stéphane Le Foll appelle à la reprise au plus vite des négociations et demande à chacun de faire preuve d’un esprit de responsabilité. Le prix payé aux producteurs par Lactalis, leader mondial, ne peut demeurer le plus faible du marché. Un pas est donc indispensable au-delà des déclarations de Lactalis. Le médiateur des relations commerciales agricoles poursuivra les efforts entrepris depuis plusieurs jours, à la demande du ministre, pour trouver un point de consensus entre les différents acteurs.

Au-delà du conflit entre Lactalis et les producteurs, nous sommes confrontés depuis plusieurs mois à une crise mondiale de surproduction dans le secteur laitier, du fait notamment de la fin des quotas laitiers au 1er janvier 2015 en Europe – quotas supprimés sous présidence française de l’UE en 2008. 
La France a alerté dès l’été 2015 ses homologues européens sur l’effondrement des prix payés au producteur, à un moment où la Commission refusait alors de reconnaître l’ampleur de la crise agricole.
L’initiative française a débouché cet été sur des mesures européennes de maîtrise de la production. Après une réunion avec les professionnels de la filière laitière, Stéphane Le Foll présentera, le 30 août, les modalités d’utilisation de ce plan de régulation de la production pour ce qui concerne la France.  
 
  • Pour éviter que la dégradation des cours ne continue, dans un contexte général d’augmentation importante de la production depuis la fin des quotas laitiers, le Gouvernement va rapidement mettre en œuvre les mesures européennes de maîtrise de la production obtenues le 18 juillet dernier par la France au dernier conseil des ministres européens de l'Agriculture :  500 millions d’euros, dont 150 millions d’euros pour la régulation du volume du lait et 350 millions d’euros de mesures de soutien et 50 millions d’euros directement alloués à la France.
  • Autre décision du Gouvernement : l'expérimentation en France de l'étiquetage de l'origine des viandes et du lait dans les produits transformés et les produits laitiers. C'est une première en Europe. Cette mesure, réclamée par les éleveurs et les associations de consommateurs, est défendue par le Gouvernement depuis plus de 2 ans devant les instances européennes. Cette obligation vaudra pour les plats contenant une certaine proportion de viande, et pour les produits laitiers contenant une certaine proportion de lait. L'expérimentation débute le 1er janvier 2017 et durera 2 ans, jusqu'au 31 décembre 2018.  Le décret d'application a été publié ce 21 août 2016.