Élevage de porcs dans une ferme française
5 février 2016

Crise agricole : la France veut mobilier ses partenaires européens

En vue de la réunion des ministres de l’agriculture européens, le 15 février, Stéphane Le Foll a déposé à la Commission plusieurs propositions pour aider les secteurs laitier et porcin à surmonter les crises qu'ils traversent.
 
Pour faire face aux crises agricoles qui frappent notamment les secteurs laitier et porcin, Stéphane Le Foll a déposé, 4 février 2016, des propositions à la Commission européenne. L'objectif de la France est de trouver des alliés en Europe pour faire bouger les lignes avant la réunion des ministres de l’agriculture européens le 15 février prochain.

La France a donc déposé, le 4 février, des propositions à la Commission européenne, sous la forme d’un texte mémorandum, discutées avec les professionnels. Il s’agit de prendre des mesures européennes pour faire face aux crises agricoles en particulier pour ce qui concerne les secteurs laitier et porcin. Pour cela, la France souhaite notamment :
  • lever l’embargo sanitaire russe sur le porc (mis en place depuis janvier 2014 après des cas de peste porcine en Pologne), qui aggrave l’embargo politique lié au conflit ukrainien. Une action diplomatique énergique doit être engagée rapidement par la Commission en ce sens ;
  • débattre de nouveaux outils de régulation des marchés notamment dans les secteurs du lait et de la viande de porc, afin de limiter la production quand le marché est saturé ;
  • mettre en place des mesures ponctuelles de soutien des marchés (poursuite du dispositif de stockage privé, mesure d’indemnisation pour réduction de cheptel, relèvement temporaire du prix d’intervention sur la poudre de lait/beurre) ;
  •  développer dun véritable outil de crédit export européen qui faciliterait la recherche de débouchés ;
  • créer un groupe à haut niveau sur le secteur laitier afin de revoir les mécanismes d’intervention, de favoriser la maîtrise de la production en période de prix bas ou encore d’aider à la modernisation du secteur.
Le couple franco-allemand débattra précisément de ces questions, le 7 février, à Strasbourg lors de la rencontre entre le président de la République et la Chancelière Angela Merkel.

Par ailleurs s’agissant de la traçabilité de l’origine des viandes dans les produits transformés, au regard de la volonté de nombreux acteurs professionnels, Stéphane Le Foll et Emmanuel Macron proposeront un décret rendant l’étiquetage de l’origine des viandes et du lait, obligatoire pour les produits transformés. Il sera notifié à la Commission européenne dans les prochains jours. Pour rappel, la France a déjà porté ce dossier à Bruxelles, avec Benoît Hamon, suite au scandale des lasagnes à la viande de cheval.

Enfin, pour une plus grande considération des éleveurs dans les négociations commerciales, dans le nouveau projet de loi pour la transparence et la modernisation de la vie économique (loi Sapin II), qui sera discuté prochainement, le Gouvernement proposera :
  • de permettre de casser une reforme de marchandisation des contrats laitiers (marchandisation en hausse avec la fin des quotas) et ne pas pénaliser ainsi des jeunes qui s’installent ;
  • de sanctionner de manière forte les entreprises refusant de publier leurs comptes (aujourd'hui sanctions pas assez dissuasives) ;
  • d’intégrer la référence au prix payé au producteur dans les contrats passés entre industriels et la grande distribution.
D’ores et déjà, dans le cadre des négociations commerciales en cours jusqu’à fin février, le Gouvernement appelle les industriels et les distributeurs à participer à l’effort de solidarité envers les producteurs, en n’accentuant pas la pression sur les prix, dans un esprit responsable envers ceux qui nous nourrissent.