Photo de Stéphane Le Foll, Michel Sapin et Emmanuel Macron réunissant les banques et les éleveurs le 28 juillet 2015 à Bercy
29 juillet 2015

Crise agricole

Michel Sapin, Stéphane Le Foll et Emmanuel Macron, ont confirmé au terme d’une réunion avec les banques, la restructuration de la dette des élevages en difficulté.
 
Michel Sapin, Stéphane Le Foll et Emmanuel Macron, ont confirmé au terme d’une réunion le 28 juillet avec les banques la restructuration de la dette des élevages en difficulté. Ils prévoient une modulation de l’allongement de ces prêts afin de baisser les annuités. Pour les jeunes agriculteurs et jeunes entrepreneurs, la possibilité de "reporter une annuité en fin de tableau" sera envisagée, en fonction de leurs investissements de départ. Ils ont annoncé la mise en place cette semaine du dispositif de garantie bancaire de la Banque publique d’investissement. Les cellules d’urgences départementales, déjà établies en février dernier, permettront l’application de ce dispositif.

"Nous avons des prix à relever, cela fait partie aussi de ce que les consommateurs doivent comprendre. Il y a aussi des origines qui doivent être bien précisées, parce que nous avons aussi le devoir de consommer ce que nous produisons ici dans notre pays. Et puis il y a l'approvisionnement dans nos cantines, dans nos lieux de vie collective, là aussi il y a un effort à faire" a redit le président de la République lundi 27 juillet.
 
Depuis plusieurs semaines un travail a été engagé avec l’ensemble des acteurs des trois filières en crise : la filière bovine, la filière porcine et la filière laitière.
La concertation engagée de longue date avec la grande distribution, les transformateurs et les producteurs pour redresser les cours nécessitent l’engagement de tous les acteurs.
  • "A chaque table ronde, des engagements ont été pris par la grande distribution. La grande distribution a joué son rôle", note Stéphane Le Foll.
  • "Le consommateur en partie doit jouer son rôle […] il y a maintenant une origine des viandes qui est parfaitement identifiable." Le Logo Viandes de France notamment permet cette identification. 

Le Gouvernement a pris depuis longtemps la mesure des problèmes agricoles : 
  • Il y plus d’an, Stéphane Le Foll  avait alerté le Conseil européen de l’agriculture sur les risques à venir, il a été obligé de le rappeler.
  • Déjà en 2013, il avait engagé une médiation pour augmenter le prix du lait de 25 centimes ; il est allé en Bretagne le 12 juin avec la Fédération nationale porcine pour discuter à la fois des mesures concrètes et immédiates mais surtout des mesures de moyen et long terme. 
  • Si le 17 juin, il y a donc plus d’un mois Stéphane Le Foll a réuni l’ensemble des filières porcines, bovines et du lait, c’est précisément parce qu’il a pleinement conscience des difficultés, des défis pour le monde agricole. "Jamais un ministre de l’agriculture n’avait ainsi réuni l’ensemble des acteurs pour faire évoluer les prix", a souligné Manuel Valls. 
Sur les initiatives à prendre au niveau européen :
  • "La France a déjà pris deux initiatives sur les distorsions de concurrence au niveau européen, pour recadrer le recours à la directive détachement, en particulier sur la question du lait et de l’abattage."
  • Des mesures au niveau communautaire sont nécessaires et notamment le relèvement du prix d’intervention afin d’atténuer l’impact de la baisse des cours internationaux sur le marché français. "Il faut avancer avec la détermination nécessaire pour aller vers l’harmonisation [..], des discussions sont en cours".
Depuis plusieurs mois, Stéphane Le Foll s’est "mobilisé pour signaler au niveau communautaire le risque d’une année 2015 très difficile et demander à la Commission Européenne et aux Etats membres de se doter d’outils partagés pour suivre et mieux anticiper l’évolution du marché au travers de l’observatoire européen des marchés laitiers et d’être ainsi en ordre de marche pour prendre les mesures adéquates, notamment un relèvement du prix d’intervention."  Le ministre de l'Agriculture a "demandé et obtenu avec plusieurs ministres européens la tenue d’un conseil européen de l’agriculture en septembre sur l’élevage." "Il faut que tout le monde ait bien conscience que la stratégie qui est la notre (redresser les prix, avoir une stratégie sur la viande de France, favoriser la consommation française), ne marchera que parce qu’on sera tous parfaitement cohérent et coordonnés ensembles." 

Le ministre depuis la semaine dernière a continué à consulter les représentants des filières en crise, avec notamment des réunions de la filière laitière les 23 et 24 juillet. Il a rappelé que "les mesures d’urgence annoncées le 22 juillet dans la cadre du plan de soutien à l’élevage français s’appliquaient évidemment aux producteurs laitiers notamment sur la restructuration de la dette." Les distributeurs ont pris l’engagement d’accorder des hausses à leurs fournisseurs dans les négociations commerciales bilatérales sur certains produits. Les industriels se sont engagés à les répercuter au producteur. "Chacun s’est engagé à mettre en avant l’origine française du lait. Face à cette crise, j’ai appelé chacun à ses responsabilités, des engagements ont été pris, il faudra les suivre et les évaluer : je réunirai à nouveau la filière en septembre."
Le prix du porc a pour sa part atteint le 23/07 1,409 euro/kg, atteignant ainsi l’objectif fixé avec la profession. 

La stratégie du Gouvernement est de "garder des agriculteurs partout sur tout le territoire français […] et ne pas aller dans des systèmes industriels où les agriculteurs ne seraient plus les chefs de leur exploitation"
  • En garantissant aux agriculteurs un statut juridique qui leur permette de se regrouper pour travailler ensemble.
  • En considérant "que la France a des atouts énormes en termes de production végétale, pour pouvoir justifier une alimentation qui coûte moins cher. C’est ce que nous faisons et que nous allons mettre en œuvre avec les groupements d’intérêts économiques et environnementaux".
Le Gouvernement a aussi "posé des allègements de charges qui font partie de la stratégie globale nécessaire pour reconquérir de la compétitivité" : "alors qu’il y avait eu à peu près 600 millions d’allègement de charges sous le gouvernement précédent, on est passé avec le pacte de responsabilité à 1,6 milliard d'euros."