Stéphane le Foll au Conseil des ministres de l’Agriculture à Bruxelles
16 février 2016

Crise agricole : 12 pays de l'UE partagent l'analyse de la France

Le 15 février à Bruxelles, Stéphane Le Foll a demandé à l’Europe de réagir pour sauver l’élevage.
 
Pour faire face à la crise agricole, Stéphane Le Foll a défendu devant le Conseil des ministres de l'Agriculture à Bruxelles les propositions faites par la France dans le cadre de son mémorandum adressé à la Commission européenne.

Les choses ont bougé : 12 pays de l’Union européenne, parmi lesquels l'Allemagne, l’Espagne, l’Italie, la Pologne, la Roumanie, et la Belgique, ont appelé comme la France à la prise de nouvelles mesures. Phil Hogan, commissaire européen en charge de l'Agriculture, a également reconnu la gravité de la crise et la nécessité de proposer de nouvelles mesures en mars. Il a salué les propositions françaises relatives au crédit export, à la promotion et à la levée de l'embargo russe, et considéré qu'il fallait trouver des solutions de maîtrise de production actuelle. Le Commissaire viendra le 25 février à Paris pour parler des mesures à prendre avec le Premier ministre. Le sujet de la crise agricole sera évoqué par le président de la République lors du prochain Conseil européen.
 
Concrètement, durant ce conseil, Stéphane Le Foll a insisté sur la nécessité pour l’Europe de disposer de réels outils de régulation des marchés agricoles et de mettre en place, rapidement, des mécanismes pour venir en aide aux agriculteurs en difficulté. Selon lui, seul un mécanisme responsabilisant les acteurs économiques par une limitation de la production serait de nature à stopper la course à la production qui se conjugue toujours avec une baisse des prix insoutenable pour les agriculteurs. Enfin, les mécanismes encourageant les aides à la promotion et aux exportations doivent être proposés, point partagé par beaucoup d’États membres.

Pour rappel, dès l’été 2015, Stéphane Le Foll avait alerté la Commission sur la gravité de la crise agricole et avait déjà indiqué que les aides débloquées en septembre 2015 ne suffiraient pas. Quelques mois plus tard, force est de constater que la situation des prix sur les marchés agricoles s'est dégradée, ce que le commissaire Phil Hogan a reconnu. Cette analyse est, par ailleurs, confirmée par l'analyse de l'Observatoire européen du marché du lait.

Enfin, la France a réaffirmé son souhait ferme que des dispositions sur l’étiquetage de l'origine des produits transformés, plébiscités par les consommateurs européens, voient le jour. Dans l'attente de dispositions partagées, le ministre a transmis au Commissaire européen un projet de décret car il entend bien avancer sur le plan national dans l’attente d'une décision communautaire.