Marisol Touraine présente l'autotest de dépistage du VIH
15 septembre 2015

Autotests de dépistage du VIH

Dans notre pays, où 150 000 personnes vivent avec le VIH, dont 30 000 sans le savoir, le dépistage constitue un enjeu majeur. Depuis le 15 septembre 2015, des autotests de dépistage du VIH sont disponibles en pharmacie d’officine. Pour toucher les personnes les plus éloignées du dépistage, ils seront mis gratuitement à la disposition des usagers via les associations et dans les structures de prévention engagées dans la lutte contre le sida.
 
Mise à jour : le 01/12/2015

 
150 000 personnes vivent avec le VIH
dont 30 000 sans le savoir.
Alors que le risque de contamination reste bien réel dans notre pays - 6 600 nouveaux cas l’année dernière -, le dépistage permet de se protéger et de protéger les autres contre le VIH, même si le meilleur outil de lutte contre le Sida reste le préservatif. A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre 2015, Marisol Touraine a lancé une grande campagne de communication à destination de tous, réalisée par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) : "Se faire dépister, c’est prendre soin de son avenir".

L’autotest, disponible en pharmacie depuis le 15 septembre 2015, est un outil de plus pour lutter contre cette maladie. Il n’a pas vocation à se substituer aux traditionnels dépistages par voie sanguine, ni aux tests rapides d’orientation diagnostique (TROD). La mise à disposition des autotests de dépistage du VIH en pharmacie intervient au terme d’une procédure exigeante, lancée dès 2012 par Marisol Touraine, pour garantir la qualité du dispositif et assurer la sécurité et la bonne information des utilisateurs. Pour toucher les personnes les plus éloignées du dépistage, les autotests seront mis gratuitement à la disposition des usagers via les associations et dans les structures de prévention engagées dans la lutte contre le sida ; par ailleurs, les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic verront leurs missions élargies (en matière de prévention, de dépistage et de prise en charge des maladies sexuelles).

Des outils d’information des professionnels de santé (pharmaciens, médecins, sages-femmes, infirmiers, etc.) et des utilisateurs sont mis en place, avec notamment :
 
  • un service téléphonique d’aide à l’utilisation et de conseils sur les résultats est disponible sur la plateforme Sida Info Service au 0 800 840 800, joignable 7 jours/7 et 24 heures/24 (appel confidentiel, anonyme et gratuit) ;
  • des brochures d’information spécifiques ont été réalisées par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé.

L’utilisation des autotests de dépistage de l’infection par le VIH s’adressent à tous. Ils sont destinés à être utilisés chez soi. Le prélèvement et l’interprétation sont effectués directement par l’intéressé. Tout résultat positif doit être confirmé par un test conventionnel de type "Elisa" de 4e génération. Un résultat négatif ne peut être interprété en cas de prise de risque datant de moins de 3 mois.
 
25 à 28 euros
c'est le prix de l'autotest selon les pharmacies.
La commercialisation des autotests se fait en pharmacie d'officine, derrière le comptoir. Seul le pharmacien peut le remettre à l’usager, avec les conseils adaptés (les pharmaciens ont reçu une formation spécifique en ce sens). Seul le laboratoire français AAZ a obtenu le marquage CE permettant, en France, de mettre en commercialisation son autotest. Le prix de cet autotest est libre et varie donc, selon les pharmacies, de 25 à 28 euros.

La commercialisation des autotests en France remplit les conditions préalables à toute mise sur le marché français, en particulier les critères règlementaires européens (pour obtenir un marquage "CE"). Elle s’appuie sur les recommandations  de plusieurs instances (Conseil national du sida et du Conseil consultatif national d’éthique) en matière de précaution d’utilisation et d’interprétation des résultats, ainsi que sur les avis de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé et de la Haute autorité de santé, saisis par la ministre, respectivement sur l’accompagnement des utilisateurs et sur la place de ces outils dans la stratégie globale de prévention et de dépistage du VIH. La ministre de la Santé a demandé qu’une évaluation scientifique soit réalisée dans le cadre de la mise à disposition des autotests en France : deux études seront donc lancées rapidement, sous l’égide de l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS), pour mesurer l’efficacité de ce dispositif.

Enfin, pour éviter les contaminations de certaines personnes particulièrement exposées et moins réceptives aux outils classiques de prévention, la ministre a annoncé l’autorisation et la prise en charge à 100% du Truvada, traitement préventif contre le sida, qui sera délivré de façon encadrée à l’hôpital et dans les centres de dépistage.