Logo du 3e plan autisme (2013-2017)
22 avril 2015

Autisme : de nouvelles mesures concrètes pour améliorer la prise en charge et soulager les familles

Le Comité national autisme a fait le point, le 21 avril 2016, sur la mise en œuvre du troisième plan autisme (2013-2017).
 
Composé de représentants des associations, des professionnels, des institutions et des administrations, le Comité national autisme s’est réuni, jeudi 21 avril 2016 à Paris, pour faire le point sur la mise en œuvre du troisième plan autisme (2013-2017). A cette occasion, de nouvelles mesures concrètes pour améliorer la prise en charge de ce handicap et soulager les familles ont été annoncées :
 
  • Réduire le délai de diagnostic et de bilan d’un autiste : c'est l’une des premières priorités, car les interventions précoces, qui sont inscrites dans le troisième plan autisme, ne peuvent pas être mises en œuvre si le diagnostic n’est pas fait. La Haute autorité de santé aura pour objectif d’actualiser les recommandations sur le diagnostic des troubles autistiques, qui datent de 2005. Pour sa part, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) vient de rendre un rapport sur le fonctionnement des centres ressources autisme (CRA), notamment sur ce sujet du diagnostic des troubles autistiques. Mis en ligne, ce rapport pourra être consulté afin que, d’ici à juin, l’ensemble des acteurs puissent se réunir pour discuter des propositions de l’IGAS, et des mesures à mettre en œuvre. Les CRA devront s’organiser pour développer davantage de liens avec les équipes de proximité dans les départements. Il s’agira également de renforcer les échanges des CRA avec l’éducation nationale, et les maisons départementales des personnes handicapées.
     
  • Un système très souple, appelé pôles externalisés de compétences, permettra de faire venir travailler des professionnels choisis avec les parents, qui passeront une convention ou un contrat avec des structures médico-sociales. Ces contrats permettront donc d’organiser leurs prestations au domicile, à l’école… et de les payer en fonction des prestations directement délivrées aux enfants ou adultes autistes, et aux parents. Les familles qui ont déjà recours à de tels professionnels pourront les proposer aux plateformes, pour qu’elles conventionnent. Elles n’auront alors plus rien à payer. La mise en œuvre de ce dispositif sera rapide car il fonctionnera avec un système d’appel à candidatures. Le financement de ce dispositif a été prévu sur des budgets non encore dépensés du plan autisme. Les coûts pourront aussi être prélevés sur les 15 millions d’euros qui ont été distribués dans les Agences régionales de santé, afin de trouver des solutions pour éviter des départs de personnes autistes dans des établissements en Belgique.
     
  • La France dispose de 490 000 places dans des établissements médico-sociaux, tous handicaps confondus, dont 158 000 pour des enfants. Sur ces 490 000 places, seulement 17 000 sont "étiquetées" autisme, ce qui signifie que des personnes autistes sont accueillies à des places non spécifiques. Il faut donc améliorer la qualité de l’offre, pour une meilleure adaptation aux besoins spécifiques des autistes. Les établissements médicosociaux sont en train de s’autoévaluer à partir d’un référentiel.
     
  • Le troisième plan autisme prévoyait 100 unités d’enseignement en maternelles (UEM), une par département, avec 7 enfants chacune. Depuis deux ans, 60 ont été ouvertes, et 50 de plus seront fonctionnelles à la rentrée prochaine, soit 10 de plus que prévu.
     
  • Actuellement, sur 80 000 auxiliaires de vie scolaire, qui accompagnent les enfants handicapés, 50 000 sont précaires. Des contrats en CDI sont désormais possibles (5 000 en bénéficient), et un diplôme d’État va démarrer en septembre pour une dizaine de métiers sociaux.
     
  • Une mission sera confiée à Josef Schovanec, qui vit lui-même avec une forme d’autisme de type Asperger, sur la problématique de l'insertion professionnelle des autistes adultes.
     
  • Une conférence nationale du handicap se tiendra avec le président de la République d’ici à fin mai, elle sera l’occasion d’autres annonces.
Lancé en 2013, le 3e plan Autisme s'articule autour de 5 axes : le diagnostic et les interventions précoces, l’accompagnement tout au long de la vie depuis l’enfance, le soutien aux familles, la recherche ainsi que la formation des professionnels. Dans le cadre de ce plan, le Gouvernement a investi 205 millions d'euros, dont 195 millions d'euros pour l'évolution de l'offre médico-sociale :
 
  • 28 millions d'euros pour la création de 100 unités d'enseignement (UE) en école maternelle, comprenant 7 enfants par UE ;
  • 25,5 millions d'euros pour la création de 850 places en Service d'Éducation Spéciale et de Soins à Domicile (SESSAD) ;
  • 68,5 millions d'euros pour la création de 1 500 places de structures pour adultes ;
  • 14 millions d'euros pour la création de 350 places d’accueil temporaire ;
  • 17,9 millions d'euros pour le renforcement des Centres d’Action Médico-Sociale Précoce (CAMSP) ;
  • 41,1 millions d'euros pour le renforcement des autres établissements et services.
Environ 7 enfants sur 1 000 connaissent un trouble lié à l’autisme.