Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, répond à la presse, suite à l'attaque à Marseille
3 octobre 2017

Attaque à Marseille

Dimanche 1er octobre en début d’après-midi, un homme armé d’un couteau a tué deux personnes devant la gare de Marseille Saint-Charles avant d’être abattu par des forces Sentinelle. Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb s’est immédiatement rendu sur place pour faire un point de situation avec l’ensemble des services concernés. La section antiterroriste du Parquet de Paris s’est saisie et le procureur de la République de Paris François Molins a fait un premier point sur l’enquête en cours lors d’une conférence de presse, le 2 octobre.
 


Le procureur de la République de Paris François Molinsa notamment indiqué que l’assaillant identifié avait fait l’objet de signalements à sept reprises depuis 2005 sous sept identités différentes, qu’il avait été interpellé et mis en garde à vue à Lyon, le 30 septembre, pour vol à l’étalage avant d’être relâché pour cause "d’infraction insuffisamment caractérisée" et que les autorités préfectorales n’avaient pas été  "en mesure de prendre une décision d’éloignement".
 
L’attaque perpétrée à Marseille est un acte barbare et indigne qui ne peut que susciter la colère de tous : "Profondément indigné par cet acte barbare, en peine avec les familles et les proches des victimes de Marseille. Je salue les militaires de Sentinelle et les policiers qui ont réagi avec sang-froid et efficacité", a déclaré le Président de la République dans un tweet daté du le 1er octobre.

Le Gouvernement salue tous ceux qui nous protègent au quotidien en France, notamment à travers le dispositif Sentinelle qui encore une fois a montré sa pertinence : "À Marseille nos militaires, policiers et marins-pompiers ont eu une réaction exemplaire. Je leur ai dit combien nous en sommes fiers" (Gérard Collomb, tweet, 01/10/2017), "les militaires ont réagi avec beaucoup de sang-froid et peut-être empêché que d’autres personnes ne soient victimes de l’individu en question", a également précisé Gérard Collomb, lors d'un point presse, le 1er octobre.

La section antiterroriste du Parquet de Paris s’est saisie dès dimanche étant donné le "mode opératoire, attaque au couteau dans une gare, répondant ainsi au mode d'ordre permanent de Daech, les circonstances entourant son passage à l'acte, puisqu'il a fait tout ça aux cris d' "Allah Akbar", et les cibles visées, à la fois des victimes indéterminées et des militaires de l'opération Sentinelle", a expliqué François Molins, lors de la conférence de presse, le 2 octobre.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé, le 2 octobre, la saisie de l’inspection générale de l’administration afin qu’elle détermine dans quelles circonstances l’auteur de l’attaque a été remis en liberté samedi à Lyon suite aux éléments révélés par le procureur de la République de Paris. Cette décision vise à faire toute la lumière sur l’action des services de l’Etat et à être en mesure d’en tirer, si nécessaire, les enseignements.

Le Gouvernement a réaffirmé le 14 septembre dernier la pérennisation du dispositif Sentinelle, tout en faisant évoluer ses modalités de déploiement pour une meilleure efficacité : "comme j’ai eu l’occasion de le mentionner à plusieurs reprises, l’implication des armées reste entière au profit de la sécurité des Français (…) cette nouvelle organisation permettra de disposer d’une force plus mobile, flexible et imprévisible en complément de l’action des forces de sécurité intérieures" , a expliqué Florence Parly lors du point fait à l'issue Conseil des ministres du 14 septembre 2017.

Le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, dont le vote à l’Assemblée a lieu le 4 octobre, permet d’adapter notre arsenal juridique pour nous donner le moyen de lutter efficacement contre le terrorisme dans le cadre du droit commun, et donc d’opérer une sortie maîtrisée de l’état de l’urgence : "on voit bien que malheureusement le terrorisme peut frapper, y compris dans cette situation d’état d’urgence (…) il faut maintenant que la France vive, je dirais dans un statut hors état d’urgence, mais en renforçant la sécurité intérieure. Et parmi les décisions que nous avons prises, il y a effectivement des garanties de sécurité supplémentaires (…) les périmètres de protection, les visites  à domiciles, les fermetures de mosquées, d’édifices religieux où il y a des propos qui sont outranciers", a déclaré Jaqueline Gourault sur Radio classique, le  2 octobre.