Photo du président François Hollande à la tribune de l'Assemblée générale des Nations-Unies le 20 septembre 2016
21 septembre 2016

Assemblée générale des Nations unies : les 3 appels de la France

Le président de la République s’est exprimé le 20 septembre à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies. Il y a lancé trois appels : pour le climat, l'Afrique et la Syrie.
 
  • Appel pour le climat
 
La France appelle à tout faire pour mettre en œuvre l’accord historique signé à Paris le 12 décembre dernier, car il n’y a pas de temps à perdre : l’accord de Paris n’entrera en vigueur que s’il est ratifié par 55% des pays représentant 55% des émissions de gaz à effet de serre.
 
La France va notifier aux Nations unies l’achèvement de sa procédure de ratification. Elle appelle tous les pays membres des Nations unies à accélérer leur procédure de ratification pour que tout soit conclu d’ici à la fin de l’année. La COP21 a été la conférence des décisions. La COP22 doit être celle des solutions. Il s’agit de mettre en œuvre l’alliance solaire internationale, de lutter contre la désertification, de protéger les océans, de fixer un prix du carbone.
 
  • Appel pour l'Afrique
Le président François Hollande a également lancé "un appel pour l’Afrique". La France propose un agenda 2020 pour l’Afrique, qui doit permettre à tous les Africains d’accéder à l’électricité. L’enjeu est à la fois de permettre aux pays africains de bénéficier d’un potentiel immense de développement et de réduire les déplacements de populations qui déstabilisent à la fois les pays d’origine et les pays d’accueil.
 
C’est à cet effet qu’une initiative énergies renouvelables a été lancée lors de la COP21. Dix bailleurs se sont engagés à mobiliser 10 milliards de dollars d’ici à 2020. La France en prendra à sa charge 20%.  
 
Mais il n’y aura pas de développement de l’Afrique sans que sa sécurité ne soit garantie. La France a donc pris ses responsabilités au Mali, où la menace a été endiguée.  Elle continue à soutenir les armées concernées pour les aider dans le combat contre le terrorisme notamment au Niger, au Tchad, au Bénin, ou au Cameroun. Cette action doit encore s'amplifier avec les Nations unies, et l’Union africaine.  Il faut en effet être clair : la sécurité des Africains passe par les Africains eux-mêmes pour éviter les ingérences extérieures. 
 
  • Appel pour la Syrie 
"Ça suffit ! La tragédie syrienne sera devant l’Histoire une honte pour la communauté internationale si nous n’y mettons pas fin rapidement", a enfin déclaré François Hollande.
Comme en février dernier, le cessez-le-feu en Syrie n’aura tenu que quelques jours. Le régime syrien est responsable de son échec. Les soutiens étrangers du régime de Bachar Al-Assad doivent forcer la paix, sinon ils porteront avec lui la responsabilité de la partition et du chaos en Syrie.  Aussi, le Conseil de sécurité doit se réunir dans les meilleurs délais. Pour le président de la République,  "il ne doit pas être un théâtre de dupes" où "chacun se renvoie la responsabilité" et où "certains entravent le travail du Conseil de sécurité" pour protéger le régime.
 
La France a quatre exigences, seules à même d’offrir une solution pour les réfugiés et garantir l’intégrité territoriale de la Syrie :
  • Le préalable est d'imposer le cessez-le-feu conformément aux décisions qui ont été prises.
  • L’urgence est d'assurer l’acheminement immédiat de l’aide humanitaire, à Alep et aux autres villes martyres.
  • La solution passe par la reprise des négociations politiques selon les principes de la transition qui avaient été établis déjà depuis 2012.
  • La justice doit sanctionner le recours aux armes chimiques
 
"La France ne se résigne jamais", a rappelé François Hollande. C’est pourquoi elle a pris l’initiative de contribuer à rechercher une solution au conflit israélo-palestinien. L’objectif est de réunir d’ici à la fin de l’année une conférence "pour qu’Israéliens et Palestiniens soient en capacité et en responsabilité de négocier".
 
C’est dans ce même esprit que la France a œuvré pour trouver une solution en Ukraine. Tout doit être fait pour la mise en œuvre des accords de Minsk sous peine de voir reprendre les violences et peut-être même une guerre. Une initiative a donc été prise avec l'Allemagne pour réunir les présidents russes et ukrainiens, pour atteindre cet objectif.
 
Face au terrorisme, il faut prendre des responsabilités chaque fois que c’est utile et ne pas simplement tenir un discours de solidarité. C’est ce que fait la France, non parce qu’elle est attaquée (tous les pays sont aujourd’hui la cible du terrorisme) mais parce qu’elle est membre permanent du Conseil de sécurité et que son rôle est d’agir. "La France n’a pas d’autres ennemis que les forces de la haine et de l’intolérance," a rappelé le président de la République. "Les fanatiques, ceux qui utilisent une religion trahie pour susciter la peur, les populismes qui s’emparent du désarroi pour diviser, pour stigmatiser, pour opposer les religions les unes aux autres au risque d’un affrontement qui serait terrible pour la cohésion de nos sociétés". Face à ces ennemis, il s’agit d’être clair : "La France est un pays laïque et qui se revendique comme tel, mais qui parle à toutes les religions et qui assure la liberté de culte en son sein," a déclaré François Hollande.