Photo de Stéphane Le Foll lors de sa conférence de presse pour l'an 1 de l'agro-écologie en France
2 février 2015

Agro-écologie

Réduire de 50% en 2025 l'usage des produits phytosanitaires.
 
Réduire de 50% en 2025 l’utilisation de produits phytosanitaires en agriculture : c’est l’objectif fixé par Stéphane Le Foll dans le nouveau plan Ecophyto présenté le 30 janvier, avec un palier intermédiaire de 25% en 2020. Si l’on ne fait rien, "les phytosanitaires sont comme une bombe à retardement" a expliqué le ministre qui a aussi souhaité tirer le bilan de l'échec du 1er plan Ecophyto de 2008, qui avait fixé "un objectif trop ambitieux sans se demander si les modèles agricoles en place pourraient le supporter."
Ce plan engage une nouvelle méthode, basée sur l’accompagnement des agriculteurs vers de nouveaux modèles de production plus économes :
  • Il s’appuiera sur la diffusion de techniques plus économes en intrants : rotation des cultures, alternatives naturelles aux pesticides (biocontrôle), machinisme innovant, … On passe d’une agriculture intensive en intrants, en chimie, en azote, en énergie fossile à une agriculture intensive en connaissance et en innovation" ;
  • Il déploiera l’expérience des 2 000 fermes pionnières qui, elles, ont vu l’utilisation des pesticides baisser en moyenne de 12% en 2013. Le nombre de ces fermes passera à 3 000. Chacune entraînant 10 exploitations autour d’elle ;
  • Il expérimentera la mise en place de "certificats d’économie de produits phytosanitaires" (CEPP) avec une obligation pour les distributeurs de ces produits de baisser de 20% le nombre de doses utilisées sur 5 ans. "Et si l'objectif n'est pas atteint, il y aura des pénalités financières"  sur leurs marges. Ainsi, "au lieu de vendre un produit, les distributeurs seront incités à vendre plus de services, c’est-à-dire apprendre aux agriculteurs à utiliser la juste quantité ou des techniques alternatives." 
Ce nouveau plan Ecophyto est au coeur du modèle agro-écologique engagé depuis 2012 pour l’agriculture française. Avec ce modèle, "l’économie n’est pas contradictoire avec l’environnement : il s’agit d’améliorer la compétitivité économique en réduisant la consommation d’énergie, d’eau, d’engrais, de produits phytosanitaires", … et ainsi de s’appuyer sur les mécanismes naturels plutôt que de lutter contre.
2015 marque l’an 1 de la généralisation de l’agro-écologie en France, grâce à la mise en place depuis 2012 des leviers la rendant possible : réforme de la PAC, loi d’Avenir agricole, plans pour le développement de la méthanisation, du bio, de réduction des antibiotiques… L’adhésion à ce modèle progresse chez les agriculteurs : 45% d’entre eux se considèrent déjà engagés dans cette démarche. Et "les moins de 35 ans sont beaucoup plus impliqués". "Les lignes bougent," constate Stéphane Le Foll, qui entend poursuivre ce travail de conviction.