Photo de Najat Vallaud-Belkacem lors de sa conférence de presse le 17 décembre 2014.
18 décembre 2014

+ 350 millions d'euros pour l'éducation prioritaire

En parallèle, une réforme de l’allocation des moyens est mise en œuvre pour tous les établissements, pour donner plus à ceux qui en ont le plus besoin.
 
La nouvelle carte de l’éducation prioritaire, applicable à la rentrée 2015, a été présentée par Najat Vallaud-Belkacem. 350 millions d'euros supplémentaires seront investis au profit des réseaux d’éducation prioritaires, 1000 collèges et 8000 écoles en bénéficieront.
  • 1. C’est d’abord une réforme d’actualisation : en 30 ans, les territoires ont évolué, certains se sont renforcés, d’autres se sont fragilisés. Or depuis sa création en 1981, l’éducation prioritaire n’avait fait l’objet d’aucune révision globale, les dispositifs successifs ont perdu peu à peu en efficacité, et se sont trouvés parfois déconnectés de la réalité sociale. Cette nouvelle carte est le fruit d’un long processus d’évaluation et de concertation. Elle repose sur un indice social transparent et convergent avec la carte de la politique de la ville. Il prend en compte 4 indicateurs : la part d’élèves dont les parents appartiennent aux CSP défavorisées ; la part d’élèves boursiers ; la part d’élèves résidant en quartiers prioritaires de la ville ; la part d’élèves arrivant en 6e avec au moins 1 an de retard. La situation sociale sera de nouveau évaluée par cet indice tous les 4 ans.
  • 2. C’est aussi une réforme qui porte une ambition : réduire les inégalités. Aujourd’hui, 1 enfant d’ouvrier ou d’employé a 2 fois moins de chance d’avoir son bac qu’un enfant de cadre, et 10 fois moins d’avoir un Bac+5. La Cour des comptes dans un rapport de 2011 a souligné que l’on dépensait 50% d’argent public en plus pour un élève du centre parisien que pour un élève de Créteil. La France est devenue entre 2003 et 2012 le pays où le poids de l’origine sociale pèse le plus dans les performances des élèves. Un objectif est fixé : réduire de moitié les écarts de réussite scolaire entre les élèves de l’éducation prioritaire et les autres élèves de France, à moins de 10%. Il faut remettre l’égalité au cœur du projet de l’école.
  • 3. Cette réforme mobilise plusieurs leviers : "Mieux indemniser les profs, les inciter à rester sur place, à travailler en équipe, à être mieux formés". L’indemnité sera notamment augmentée de 50% dans les REP (à 1734 euros/an, soit une augmentation de 578 euros), de 100% dans les REP+ (à 2312 euros/an, soit +1156 euros).  Le dispositif "plus de maître que de classes" sera notamment mis en œuvre dans chaque école du réseau. Une classe dans chaque réseau sera dédiée à la scolarisation des enfants de moins de 3 ans. Un accompagnement continu jusqu’à 16 h 30 sera assurée pour les élèves de 6e en REP+.
En parallèle, une réforme de l’allocation des moyens – à savoir des postes - est mise en œuvre pour tous les établissements, pour donner plus à ceux qui en ont le plus besoin. On ne laisse pas tomber les territoires qui vont mieux et qui sortent de ZEP. A partir de 2015, "au lieu de distribuer aveuglément les moyens on va prendre en compte les difficultés sociales et donner plus à ceux qui les cumulent". Il n'y aura plus l'effet de seuil que connaissaient les établissements entre être en éducation prioritaire et ne pas y être. Les écoles et les collèges ne se verront plus seulement dotés en fonction du nombre d’élèves, mais aussi des différences de situation économique, sociale et géographique de leur population scolaire.