Photo de cours de français pour des lycéens d une école privée de Nairobi

La Francophonie

Mis à jour le 16 février 2016 - Projet porté par Jean-Marc Ayrault , André Vallini
La francophonie et la francophilie constituent pour la France et ses partenaires francophones une opportunité économique majeure. Les enjeux sont immenses. L’ensemble des pays francophones représente 16% du PIB mondial et connaît un taux de croissance de 7%. Dans le cadre de la politique d’attractivité engagée par le président de la République, tout doit donc être mis en œuvre pour renforcer la communauté francophone dans le monde, au service d’une croissance mutuellement bénéfique.

Le contexte

La langue française est aujourd’hui la sixième langue la plus utilisée, derrière le chinois mandarin (plus d’un milliard de locuteurs), l’anglais, l’hindi, l’espagnol et l’arabe, et devant le portugais (entre 178 et 240 millions de locuteurs). Le français est la 2e langue la plus apprise après l’anglais avec près de 120 millions d’élèves et un demi-million de professeurs de français à l’étranger. C'est également la 3e langue la plus utilisée sur Facebook et Wikipédia et l’une des langues de la vie économique internationale, notamment au sein de l’espace francophone qui représente environ 15% de la richesse mondiale.

Le nombre de locuteurs est estimé aujourd'hui à 220 millions de personnes. En 2050, ils pourraient être 770 millions, dont 80 % en Afrique. Cela ne pourra toutefois se concrétiser que si les pays de cette zone, à forte croissance démographique, transmettent le français aux nouvelles générations.

La francophonie représente également un enjeu économique majeur : l’ensemble des pays francophones représente 16% du PIB mondial et connaît un taux de croissance de 7%. Dans un monde où la concurrence globale impose d’organiser les solidarités linguistiques, les pays qui ont une langue en partage tendent à accroître leurs échanges de biens et de services dans de fortes proportions.

De quoi s'agit-il ?

Le 14 avril 2014, le président de la République a confié à Jacques Attali la rédaction d'un rapport sur la "francophonie économique". Ce dernier lui a été remis le 26 août 2014.  Les 53 propositions qu'il contient visent à faire de l’appartenance à la francophonie un atout économique pour le 21e siècle. Promouvoir l’enseignement du français, diffuser les contenus culturels et créatifs francophones, renforcer les mobilités d’étudiants, de chercheurs, d’entrepreneurs, organiser les réseaux de personnalités d’influence francophones ou encore consolider la place du droit écrit continental... sont autant de priorités identifiées.

Le président de la République souhaite que ces propositions soient mises en oeuvre rapidement. Il a rappelé toute l’importance de cet enjeu en vue du prochain sommet de la Francophonie, qui aura lieu à Dakar les 29 et 30 novembre prochains. Elles viennent compléter l'action du Gouvernement menée depuis de nombreuses années en faveur de la francophonie, notamment à travers la promotion de l'enseignement du français à l'étranger et la consolidation de la place du français comme langue de travail dans les institutions européennes et multilatérales.
 

Une politique bilatérale et multilatérale pour le rayonnement de la france dans le monde


Afin de promouvoir le français et la francophonie, vecteurs de rayonnement et d’influence, la diplomatie française a mis en place deux politiques qui mobilisent plus de 500 agents expatriés et environ 600 millions d'euros.

La francophonie
peut se définir comme l’ensemble des peuples qui utilisent le français comme langue maternelle, langue d'usage, langue administrative et/ou langue d'enseignement.
Pour l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), sont considérées comme francophones les personnes qui savent lire et écrire en français.
  • une politique bilatérale qui vise à consolider la place du français à l’extérieur de nos frontières au moyen d’actions de coopération avec les autorités locales pour développer le français dans leur système éducatif (plaidoyer pour l’enseignement d’au moins deux langues étrangères, formation de professeurs, développement de l’enseignement bilingue…) et d’une activité directe d’enseignement conduite par les réseaux culturels et scolaires français.
     
  • une politique multilatérale qui vise à réunir les pays francophones dans une communauté politique. La France a soutenu la création de l’Agence internationale de la francophonie en 1970. Devenue l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) en 2005, elle regroupe 77 Etats membres et observateurs ayant le français comme langue de référence. Cette francophonie institutionnelle contribue à la paix, à la démocratie, aux droits de l’Homme, à la promotion du français et de la diversité culturelle ainsi qu’au développement d’une prospérité partagée et durable.
     
Les francophones dans le monde

 

des propositions pour Faire de la francophonie un atout économique pour la france
 

L’ensemble des pays francophones et francophiles représente 16 % du PIB mondial, avec un taux de croissance moyen de 7 %, et près de 14 % des réserves mondiales de ressources minières et énergétiques, alors que les francophones ne représentent encore que 4 % de la population mondiale. C'est le constat que dresse le rapport remis par Jacques Attali au président de la République le 26 août 2014.

De plus, poursuit le rapport, les échanges commerciaux induits par le partage du français entre une trentaine de pays francophones sont à l’origine de 6 % de la richesse par habitant en moyenne pour ces pays et de 0,2 point de taux d’emploi. Le nombre de francophones dans le monde pourrait atteindre 770 millions d'ici à 2050. Dès lors, le besoin en infrastructures pourrait porter la croissance des pays "francophilophones" (selon l'expression employée par le rapporteur Jacques Attali), et le développement des nouvelles technologies pourrait accélérer leur développement (paiement mobile, e-santé, big data, etc.).

Cependant, le nombre de francophones pourrait également reculer d'ici à 2050, sous la pression de la concurrence des autres grandes langues internationales, des langues locales, et face aux difficultés de certains pays francophones du Sud à assurer l’accès à l’éducation de leurs populations en situation d’explosion démographique. Cela entraînerait une perte de parts de marché pour les entreprises françaises, un effondrement du droit continental au profit du droit anglo-saxon des affaires, ainsi qu’une perte d’attractivité pour les universités, la culture et les produits français et en français.

Afin de renforcer la francophonie et son impact majeur sur l'économie française, le rapport de Jacques Attali formule 53 propositions, regroupées autour de 7 axes :

  1. Augmenter l’offre d’enseignement du et en français, en France et partout dans le monde : renforcer les politiques d’intégration par l’apprentissage du français en direction des communautés immigrées (proposition n° 1) ; promouvoir la création d’un grand groupe privé d’écoles en français (cf. proposition n° 3) ; attirer les populations non francophones vers l’apprentissage du français, par exemple en jouant sur la capacité d’attraction de la musique et du cinéma français (proposition n° 11) ; structurer une offre de FLOTs (Formations en ligne ouvertes à tous) francophones, interactives et diplômantes (proposition n° 6) ; aider les pays africains francophones à offrir à l’ensemble de leur population un accès à la scolarisation en français (proposition n° 8) : des manuels scolaires génériques pourraient être distribués (proposition n°10).
     
  2. Renforcer et étendre l’aire culturelle francophone, grâce notamment à la construction par des entreprises françaises de salles de cinéma en Afrique francophone et la programmation d’un quota de films francophones (proposition n° 17).
     
  3. Cibler 7 secteurs clés liés à la francophonie, pour maximiser la croissance de la France et des autres pays  francophones : le tourisme, les technologies numériques, la santé, la recherche et développement, le secteur financier, les infrastructures et le secteur minier (propositions n° 22 à 35). Confier notamment aux alliances françaises et aux instituts français à travers le monde la mission d’agent  touristique de la France et de promotion des produits français (proposition n° 22).
     
  4. Jouer sur la capacité d’attraction de l’identité française pour mieux exporter les produits français et conquérir de nouveaux francophiles (proposition n° 36).
     
  5. Favoriser la mobilité et structurer les réseaux des influenceurs francophones et francophiles (propositions n° 37 à 46).
     
  6. Créer une union juridique et normative francophone : un guichet douanier pour les francophones dans les aéroports des pays francophones volontaires pourrait être créé, afin de rendre tangible un sentiment d’appartenance de la communauté d’intérêts francophones (proposition n° 51).
     
  7. Se donner comme projet de créer à terme une Union économique francophone aussi intégrée que l’Union européenne (proposition n°53).
Le président de la République souhaite que ces propositions soient mises en oeuvre rapidement.
 

Lire le rapport : Francophonie et francophilie, moteurs de croissance durable


promouvoir le français dans l'enseignement à l'étranger
 

La première priorité de la France en matière de francophonie est donc d’apporter un appui aux systèmes éducatifs d’Afrique francophone. C'est l'un des trois axes stratégiques du plan d'actions pour la francophonie présenté en octobre 2012.

Le LabelFrancÉducation

Près de 2 millions de jeunes étrangers dans le monde poursuivent leurs études dans des sections bilingues francophones. En 2012, le ministère des Affaires étrangères et du Développement international a créé le LabelFrancÉducation afin de distinguer les établissements scolaires étrangers qui participent, dans le cadre des programmes d’enseignement locaux, au rayonnement de la langue et de la culture françaises.

Pour obtenir ce label, les établissements doivent :
 
  • proposer un enseignement renforcé de la langue et de la culture françaises et un enseignement en français d'au moins deux disciplines non linguistiques, selon le programme officiel du pays, l'ensemble représentant au moins un tiers du nombre hebdomadaire d'heures d'enseignement ;
  • avoir ou recruter au moins un enseignant titulaire de l'Éducation nationale française par degré (premier et second degré), sauf dérogation dûment justifiée ;
  • justifier de la formation initiale, des diplômes et du niveau en langue française des enseignants de français et des disciplines non linguistiques enseignées en français ;
  •  mettre en œuvre un plan de formation pédagogique pour les enseignants des disciplines concernées ;
  •  présenter les élèves aux certifications de langue française du diplôme d'études en langue française (DELF) et du diplôme approfondi de langue française (DALF) ;
  • disposer d’un environnement francophone : ressources éducatives au sein de l'établissement, jumelage avec un établissement scolaire français, offre de séjours linguistiques, partenariats culturels francophones.
À l’horizon 2015, ce nouveau réseau devrait comprendre une centaine d’établissements. Au 6 août 2013, 32 établissements sont labellisés dans le monde, répartis dans neuf pays : Allemagne, Australie, Chili, États-Unis, Finlande, Nouvelle-Zélande, République tchèque, Turquie et Ukraine.
 

100 000 professeurs pour l'Afrique

Lancé en mars 2014 à l'occasion de la Semaine de la langue française et de la francophonie, le programme "100 000 professeurs pour l'Afrique, le tournant numérique de l'enseignement du français" met, conformément aux engagements du président de la République, le numérique et la formation à distance au cœur du dispositif de formation des enseignants, sur un continent dont le rôle est crucial pour l’avenir de la francophonie.

Ce projet renforce les actions déjà conduites dans 12 pays et initie 8 nouvelles actions de formation grâce à 3,95 millions d’euros de moyens nouveaux. Il se déroulera sur 36 mois et s’appuiera sur 4 projets du Fonds de solidarité prioritaire (FSP) et sur les dispositifs de coopération linguistique en Afrique. Il s’adresse aux enseignants en formation dans les instituts de formation des maîtres ou les universités africaines.

Le CIEP

Opérateur public de référence du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, principal partenaire opérateur du ministère des Affaires étrangères et du Développement international pour la langue française, le Centre international d’étude pédagogique concourt à la politique d'enseignement des langues étrangères en France dans sa dimension internationale et contribue à la promotion du multilinguisme et de la mobilité.

Il intervient, dans le cadre de partenariats multiples, dans trois domaines :
 
  • formations, en présence et à distance, aux métiers du français. Il organise des rendez-vous annuels pour les enseignants et formateurs du monde entier (les universités d'hiver et d'été - BELC), propose des modules de formation à distance (PRO FLE) et des formations sur mesure en réponse aux demandes de commanditaires étrangers ou français.
  • expertise et projets. Il répond aux commandes de ministères étrangers : référentiels métiers, réforme des programmes, enseignement bilingue, plans de formation continue, ingénierie de la formation, évaluation des compétences professionnelles des professeurs de français.
  • ressources et séminaires. Le CIEP propose des ressources sur internet, anime Le fil du bilingue, site d'appui aux acteurs des sections bilingues francophones dans le monde.
Le CIEP assure la gestion pédagogique et administrative des diplômes nationaux pour étrangers non francophones (DILF, DELF et DALF) et du Test de connaissance du français (TCF). Il propose également une gamme de diplômes pour tous les publics, tous les âges et tous les niveaux.

 
L’AEFE, un réseau de 494 établissements scolaires
Créé en juillet 1990 et placé sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères et du Développement international, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger assure le suivi et l’animation du réseau des 494 établissements d’enseignement français à l’étranger.

Présent dans 135 pays à travers le monde, l’AEFE permet aux enfants français établis hors de France de suivre une scolarité similaire à la scolarité suivie par les enfants résidant en France. Ils suivent notamment les mêmes programmes et passent les mêmes diplômes (brevet, baccalauréat). Les enfants dont les parents sont amenés à habiter dans différents pays successifs peuvent ainsi mener une scolarité cohérente, de la maternelle à la terminale. Le réseau de l’AEFE, qui compte 330 000 élèves, est aussi un instrument de rayonnement de la France grâce à l’accueil d’élèves de nationalités étrangères (deux tiers des effectifs). Grâce à ces différentes missions, il participe à l’image, à la présence et à l’influence de la France dans le monde et porte, partout, les valeurs universelles humanistes qui sont le fondement de son modèle républicain.

En 2015, l'AEFE fête ses 25 ans.


consolider le statut de langue de travail du français dans les institutions européennes et multilatérales


Afin de consolider le statut de langue de travail du français dans les institutions européennes et multilatérales, la France exerce sa vigilance sur le critère de la maîtrise du français dans le recrutement des cadres, sur l’existence de dispositifs de traduction, sur l’utilisation du français dans les documents et les sites officiels et sur l’obligation de parler français pour nos ressortissants. Depuis 2003, avec l’aide de l’OIF, elle a ainsi formé au français 60 000 fonctionnaires européens.

Afin de conforter la place du français dans la vie économique internationale, la France dispose de plusieurs leviers : enseignement du français dans ses centres culturels, développement des certifications de français des affaires de la CCIP, accueil des étudiants étrangers dans ses universités et écoles de commerce, création d’antennes d’enseignement supérieur à l’étranger, promotion de l’environnement juridique francophone, etc.

Afin de promouvoir sa langue et ses approches, la France a fait le choix de se doter de médias internationaux TV5 Monde, France 24 et RFI qui permettent de toucher plus de 400 millions de foyers par semaine. Aujourd’hui, il est également indispensable de promouvoir le français sur internet (le projet Afripedia, par exemple, aide les Africains à créer des contenus sur Wikipedia) et d'utiliser davantage le web pour apprendre et enseigner le français.

Top 10 des mots d’internet que vous allez oser dire en français

Mail, hashtag, cloud... les expressions anglaises se sont multipliées dans notre communication, notamment avec le développement de... [Lire la suite]
vendredi 20 mars 2015
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Où en est-on ?

La semaine de la langue française et de la francophonie fête ses 20 ans

La Semaine de la langue française et de la francophonie, qui se tient du 14 au 22 mars, fête cette année ses 20 ans. Thématique de la Semaine 2015 : Les mots français venus d’ailleurs.

"La langue donne vie aux liens de solidarité : partagée par plus de 220 millions de locuteurs dans le monde, la langue française est la langue de la liberté, de la diversité culturelle et de la culture comme bien public accessible à tous.

C’est par la langue que passe, ainsi que l’écrivait Senghor "cet humanisme intégral qui se tisse autour de la terre, cette symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races qui se réveillent à leur chaleur complémentaire" : la Francophonie", rappelle Fleur Pellerin.

Lire le dossier de presse

Vers une université francophone numérique

Geneviève Fioraso a organisé une réunion de haut-niveau pour préparer l'organisation du Sommet des ministres francophones pour le développement des universités numériques. Comme l'a souligné la ministre : "cette 1re réunion témoigne de la volonté commune des ministres francophones de l'enseignement supérieur de promouvoir une francophonie solidaire, ambitieuse, offensive, espace de partage, de solidarité mais aussi d'innovation et de créativité, s'appuyant sur le numérique pour relever les défis de la formation, de la compétitivité et de la croissance. Fort de l'expérience réussie de France Université Numérique, il était important aujourd'hui d'ouvrir cette expérience à la Francophonie et de travailler avec l'ensemble des Etats membres de la Francophonie à la construction d'une université francophone numérique.

Notre #francophonie est inventive, jeune, portée vers l'avenir

1er jour de préparation du Sommet de #Dakar. Notre #francophonie est inventive, jeune, portée vers l'avenir ! #OIF pic.twitter.com/01qVwdtSRG


Annick Girardin, représentante personnelle du président de la République auprès de l’Organisation Internationale de la Francophonie, est à Dakar pour préparer le 15e sommet de la Francophonie qui se tiendra dans la capitale du Sénégal les 29 et 30 novembre. Elle participera aux travaux de la Conférence ministérielle de la Francophonie, en vue de l’élaboration des projets de Cadre stratégique (2015-2022) de la Francophonie, de Stratégie économique et de Stratégie jeunesse de la Francophonie.

La loi sur l'emploi de la langue française fête ses 20 ans

Le 4 août, la loi relative à l'emploi de la langue française a eu 20 ans. La "loi Toubon" rappelle que le français est "la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics" et "le lien privilégié des États constituant la communauté de la francophonie". Destinée à protéger le patrimoine linguistique français, elle vise 3 objectifs principaux : l'enrichissement de la langue ; l'obligation d'utiliser la langue française ; la défense du français en tant que langue de la République (article 2 de la Constitution de 1958).

Découvrez l'intégralité de l’infographie publiée à l'occasion des 20 ans de la loi.