28 octobre 2015

10 nouveaux indicateurs de richesse

Comment mesurer la croissance ? Peut-on s’accorder sur une définition commune ou bien s’agit-il d’une notion subjective ? Ce rapport sur les nouveaux indicateurs de richesse est la première édition d’un exercice inédit en France : un débat, avec les parlementaires et de nombreux Français, sur la définition de la croissance. 10 nouveaux indicateurs ont été identifiés.
 

Taux d'emploi

L’accès à l’emploi est la première priorité des Français consultés par le CESE et France Stratégie lors de la définition des indicateurs à retenir. C’est aussi l’un des objectifs majeurs du Gouvernement : la compétitivité et l’emploi ont été placés au coeur de sa stratégie économique, avec des dispositifs comme le CICE et le pacte de responsabilité et de solidarité.


 

EFFORT DE RECHERCHE

Défini par l’OCDE, l’effort de recherche englobe les travaux de création entrepris en vue d’accroître la somme des connaissances et le développement de nouvelles applications. Il regroupe la recherche fondamentale, la recherche appliquée, et le développement expérimental. L’effort de recherche est mesuré par la part de dépense intérieure consacrée à la recherche et au développement dans le produit intérieur brut. Cette dépense correspond aux moyens consacrés à la Recherche & Développement (R&D), sur le territoire national, par le secteur des administrations françaises et par le secteur des entreprises. Elle comprend les dépenses courantes (masse salariale des personnels de R&D et dépenses de fonctionnement) et les dépenses en capital (achat d’équipements nécessaires à la réalisation de travaux internes à la R&D et opérations immobilières réalisées dans l’année).


ENDETTEMENT

De façon générale, une dette permet de financer des investissements qui ont vocation à augmenter la richesse de celui qui la contracte. La question posée est donc essentiellement celle de sa bonne maîtrise : comment en assurer la soutenabilité ? L’endettement du pays est le deuxième thème, après l’accès à l’emploi, cité le plus souvent lors de la consultation menée par le CESE et France Stratégie.
 

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ESPÉRANCE DE VIE EN BONNE SANTÉ

L’espérance de vie en bonne santé évalue, à la naissance, le nombre d’années qu’une personne peut compter vivre en bonne santé. Cet état est défini par l’absence de limitation d’activité dans les gestes de la vie quotidienne et l’absence d’incapacité. L’indicateur est construit grâce à l’enquête menée par Eurostat sur les conditions de vie (SILC), à partir des réponses données à la question : "au cours des six derniers mois, dans quelle mesure avez-vous été limité dans les activités que les gens font habituellement, du fait de votre santé ? Sévèrement limité, limité mais pas sévèrement, pas limité du tout". Comme dans toute enquête, les réponses sont sensibles aux formulations employées. Cet indicateur se distingue de la simple espérance de vie à la naissance. Celle-ci évalue l’âge moyen au décès d’une génération, selon les conditions de mortalité par âge observées l’année où elle est calculée.


SATISFACTION DANS LA VIE

La satisfaction dans la vie est nécessairement subjective. L’indicateur utilisé est construit sur la réponse apportée par les ménages interrogés à la question : "sur une échelle allant de 0 (pas du tout satisfait) à 10 (très satisfait), indiquez votre satisfaction concernant la vie que vous menez actuellement". L’indicateur repose donc sur des déclarations, intégrant les valeurs, les préférences, le vécu et la vision de l’avenir des personnes questionnées. Ce sondage est réalisé par la statistique publique en France depuis 2010. Il fait désormais partie de l’enquête annuelle européenne sur les conditions de vie (EU-SILC).


INÉGALITÉS DE REVENUS

Cet indicateur mesure le rapport entre la rémunération totale des 20% des ménages les plus aisés, et celle des 20% des ménages les plus modestes. Ce rapport représente l’"écart de revenus". Les revenus prennent en compte l’ensemble des revenus d’activité et de remplacement, ainsi que les prestations sociales. Il s’agit donc d’un indicateur d’inégalités "après redistribution".


PAUVRETÉ EN CONDITIONS DE VIE

Pour le Gouvernement comme pour les institutions européennes, la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale est un objectif majeur. Définir un indicateur de pauvreté qui soit opérationnel est une condition essentielle pour cibler et réduire le phénomène. Il existe principalement deux manières de mesurer la pauvreté : le taux de pauvreté monétaire ou le taux de pauvreté en conditions de vie. La pauvreté en conditions de vie, ou privation matérielle, mesure une pauvreté "absolue". Elle correspond à l’image de la pauvreté communément admise, à savoir l’exclusion de pratiques et de consommations de base. Ce second indicateur a été jugé d’autant plus préférable au premier, que les données sur les indicateurs de pauvreté monétaire ne sont disponibles qu’avec un certain délai (la donnée 2014 ne sera publiée que fin septembre 2016 alors qu’elle est déjà disponible pour la pauvreté en conditions de vie).


 

SORTIES PRÉCOCES DU SYSTÈME SCOLAIRE

L’indicateur "sorties précoces" mesure la proportion de jeunes de 18-24 ans qui n’étudient plus, n’ont pas terminé avec succès le second cycle de l’enseignement secondaire et n’ont pas suivi de formation au cours des quatre dernières semaines. En France, cette catégorie correspond aux jeunes de cette classe d’âge qui ne poursuivent plus ni études ni formation et n’ont pas de diplôme supérieur au brevet.


EMPREINTE CARBONE

En France, l’empreinte carbone évalue les émissions de gaz à effet de serre induites par la consommation de la population résidant sur notre sol. Elle est donc égale à la somme des GES émis en France pour satisfaire la demande intérieure (i.e. hors émissions de GES associées aux exportations de la France) et des GES contenus dans nos importations. Les GES considérés sont ici le CO2, le CH4 et le N2O. (NB : l’empreinte carbone calculée à l’échelle internationale par l’OCDE porte uniquement sur le CO2).


ARTIFICIALISATION DES SOLS

Selon Eurostat, les sols artificialisés recouvrent les sols bâtis et les sols revêtus et stabilisés (routes, voies ferrées, parkings, chemins...). La définition retenue par le ministère de l’Agriculture en France est plus large que celle retenue par Eurostat. Elle recouvre également d’autres "sols artificialisés", comme les mines, les carrières, les décharges, les chantiers, les terrains vagues, et les espaces verts artificiels (espaces verts urbains, équipements sportifs et de loisirs). L’artificialisation correspond à un changement d’utilisation, laquelle n’est pas nécessairement irréversible. Ainsi, pour chaque hectare artificialisé, un demi-hectare se "naturalise".